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Motricité, danse et sport

En réorganisant la programmation vestibulaire grâce aux étroites connexions entre cochlée et vestibule, la méthode Tomatis se révèle très utile dans les situations de véritable pathologie motrice et posturale, ainsi que dans les domaines où un contrôle moteur précis est requis — sport de compétition de haut niveau, danse et autres activités artistiques.

L'influence réciproque qui existe entre la cochlée (analyse des sons) et le vestibule (gestion du mouvement) permet à la méthode Tomatis de rééduquer des fonctions motrices et des finesses dans la coordination des segments corporels qu'il serait par ailleurs difficile d'atteindre par des activités exclusivement centrées sur la musculature.

Les deux fonctions de l'oreille — cochléaire et vestibulaire —, piliers de la capacité d'écoute, sont mutuellement interactives. D'une part, une bonne écoute requiert une posture adéquate pour favoriser la perception par la voie osseuse et pour produire une émission phonatoire efficace. D'autre part, la posture est influencée par la qualité et le type de sons qui parviennent à l'oreille interne, lesquels orientent la régulation du tonus musculaire selon le contenu fréquentiel reçu.

Il est important de souligner que l'oreille est et demeure un organe du mouvement, jusque dans son action de récepteur et de traducteur des sons. Si l'on s'arrête et l'on réfléchit à la manière dont elle fonctionne pour nous faire percevoir le monde acoustique environnant, on remarque que la cochlée elle-même est, à sa manière, un analyseur de mouvements. Tandis que le vestibule analyse et gère les mouvements de tous les muscles du corps, la cochlée capte les vibrations qui sont elles-mêmes du mouvement.

Retard moteur

La méthode est utilisée avec succès chez les enfants présentant un retard moteur. Les premières années sont assurément les plus importantes pour intervenir, quelle que soit l'origine du retard. La rééducation cochléo-vestibulaire avec l'Oreille Électronique favorisera une meilleure utilisation du récepteur vestibulaire, permettant un meilleur rapport à l'espace et à la gravité, aidant et renforçant les effets des thérapies psychomotrices ou physiothérapeutiques associées.

Il arrive que des parents d'enfants en difficulté scolaire qui suivent les séances avec la méthode Tomatis remarquent chez eux des améliorations sur le plan moteur, et nous le rapportent par des phrases telles que : « Étrange, il a réussi à apprendre à faire du vélo après tant d'années de tentatives et alors qu'il y avait renoncé », ou « Il est beaucoup plus à l'aise sur le skateboard », ou encore « Le moniteur de ski a remarqué qu'il est mieux coordonné ».

L'amélioration de la fonctionnalité de l'oreille n'apporte pas seulement un affinement de la capacité perceptive, mais aussi de tout ce que l'oreille contrôle. Nous le savons bien, parce que nous l'observons : les enfants qui ont une bonne écoute ont presque toujours une bonne motricité et une posture adéquate.

La méthode, associée à des techniques psychomotrices ou physiothérapiques pour la récupération du mouvement, peut donner des résultats parfois surprenants, en plus d'intégrer remarquablement le travail physique effectué par le thérapeute.

Image corporelle et sport

Nous entrons ici dans un aspect très important de la technique et des découvertes d'Alfred Tomatis : le concept d'image du corps, pour lequel l'oreille et le son assument un rôle de toute première importance.

Comme Tomatis le dit bien dans nombre de ses écrits, l'image corporelle est la conséquence du langage. Les pressions et les excitations dans lesquelles le corps est immergé sont de type acoustique. Chaque être est inséré dans une structure sonore qui le sculpte. Le son, le silence, ses modulations et le bruit qui en interrompt la trame ne s'adressent pas seulement à l'oreille : ils touchent tout le corps. L'oreille n'est, pour reprendre la formule, que la partie la plus différenciée du système nerveux ; toute la peau est, en réalité, oreille.

L'air ne cesse de se mouvoir, d'être animé de mouvements de rotation, et notre corps dans sa totalité en subit les conséquences. Le fait de vivre dans le son — et plus précisément dans celui que nous pouvons émettre, le langage — imprime toute une série de petites impulsions, de touches, sur la totalité de notre image corporelle, sur tout notre système nerveux périphérique. En fonction de la qualité acoustique reçue, l'image que nous nous faisons de nous-mêmes se précise ou s'altère.

À la question, posée par le journaliste Alain Gerber de la revue française Son, s'il existe un moyen de se rendre compte de l'image corporelle d'une personne, Tomatis répond :

« N'est-ce pas parce que vous avez une image du corps de l'autre que vous êtes frappé par sa manière de se comporter, de se tenir debout, etc. ? Or, comment cette personne se montre, sa position, sont en dépendance directe de l'image qu'elle s'est faite d'elle-même. Avec un peu d'expérience, vous pouvez affirmer qu'une personne que vous voyez pour la première fois est sourde, ou bègue, ou schizophrène. Pour chacun de ces états il y a une image corporelle particulière. »

Lorsque le journaliste demande à Tomatis s'il existe un rapport entre l'image et certaines dispositions somatiques ou mentales, il répond :

« Je dirais que pour l'homme, l'image du corps est déterminée par l'utilisation de son champ neuronique, utilisation qui varie pour chaque individu, selon les facteurs accidentels (comme la surdité ou la psychose) qui les distinguent les uns des autres. Nous sommes des systèmes nerveux recouverts d'une gaine somatique. L'image se construit à partir de ce qui fonctionne le mieux. Cela peut paraître étrange, mais c'est exactement ainsi. »

Dans une certaine mesure, l'image du corps du footballeur intègre le ballon, comme celle du joueur de billard intègre la queue.

Si l'on est un grand musicien, on doit avoir intégré son propre instrument. Le violon, le piano ou tout autre instrument doit devenir le prolongement direct du corps, comme si lui-même était équipé des neurones de celui qui en joue. La personne qui conduit sa voiture a une image très différente de celle qui marche, car d'une certaine manière cette image s'étend jusqu'aux limites du véhicule.

De nombreux sportifs de haut niveau utilisent la méthode Tomatis pour améliorer leur performance. Skieurs, cyclistes, joueurs de tennis de table et autres professionnels du secteur, souvent sur conseil de leur entraîneur, suivent un training avec l'Oreille Électronique afin de perfectionner leurs mouvements fins, leur vitesse et la promptitude de leurs réflexes.

Au Congrès International d'Audio-Psycho-Phonologie de Madrid, en 1974, un membre important du comité directeur de la Fédération Française de Tennis de Table, Pierre Suire, a fait état de résultats surprenants d'une expérience effectuée avec dix athlètes de haut niveau à l'Institut National des Sports, sous la direction du docteur Tomatis :

« L'effet positif sur la performance sportive se manifeste aux différents niveaux psychophysiologiques touchés par la rééducation : meilleure recharge corticale qui influe sur la sécurité psychique, sur la vitesse d'idéation et sur la récupération physique ; meilleure image corporelle entraînant une dextérité accrue des deux côtés du corps ; régulation neurovégétative obtenue par l'action sur la tension tympanique et la voie vagale, qui se traduit par un meilleur contrôle du stress de compétition. »

Dans la même expérimentation de l'Institut National des Sports, on avait relevé, par mesure électrocardiographique, une meilleure récupération cardiaque après l'effort de la compétition chez les athlètes ayant suivi le training avec l'Oreille Électronique.

Danse

La méthode est appliquée avec d'excellents résultats dans la danse, pour résoudre des problèmes d'équilibre, améliorer la coordination motrice, le rythme et favoriser le naturel des mouvements.

La grande chorégraphe et maîtresse de ballet française d'origine géorgienne Ethery Pagava intègre les répétitions et les exercices avec un entraînement auditif par la méthode Tomatis. Dans une interview à la revue Actio Humana, éditée par la Croix-Rouge suisse, elle déclare ainsi : « L'entraînement Tomatis est très bénéfique. Il développe l'acuité auditive, peu développée chez de nombreux danseurs, réduit le temps de réaction et améliore la mémoire des enchaînements. »

Beaucoup de peintres, même célèbres, comme Hans Hartung, ont vu s'améliorer leur trait et leur usage de la couleur en suivant les séances avec l'Oreille Électronique.

Intéressante est l'étude effectuée par Tomatis sur les corrélations entre fréquences acoustiques et fréquences de couleur, décrite dans le dernier ouvrage du scientifique, Écouter l'univers.

Bibliographie :

  • Alain Gerber, Son et structure du corps, interview pour la revue SON Magazine, n° 40, juillet-août 1973, p. 1.
  • Pierre Suire, Electronic ear and sport. Information given at the IV International Congress of Audio-Psycho-Phonology, Madrid, May 1974.
  • « Nous sommes tous un peu Raymond », in Actio Humana, janvier 1989.
  • Alfred Tomatis, Écouter l'univers, 1996.

Texte original par Concetto Campo, publié sur tomatis.it. Traduction française.