« Dites-moi ce que vous écoutez, je vous dirai qui vous êtes. »

En bref — D’où vient que l’on soit « sourd comme un Français » à l’anglais, et qu’un Portugais apprenne n’importe quelle langue sans accent ? Pour Alfred Tomatis, la réponse tient en un mot : l’oreille. Pas l’oreille qui entend — celle qui écoute. Dans cette conférence, il déroule un fil vertigineux qui va du chanteur vénitien incapable de rouler ses r jusqu’au fœtus qui reconnaît déjà la musique d’une langue, en passant par ce muscle minuscule de l’oreille moyenne dont dépendraient nos langues, notre posture et jusqu’à notre vitalité. Sa thèse, longtemps jugée extravagante : l’oreille n’est pas un microphone branché sur le cerveau, c’est sa dynamo — et c’est le cerveau, à 90 %, qui commande à l’oreille ce qu’elle doit écouter. Une heure et demie pour renverser tout ce qu’on croit savoir sur le fait d’entendre.

Les points clés

  • « Sourd comme un Français » n’est pas une insulte, c’est une mesure : chaque langue occupe une bande de fréquences propre, et notre oreille maternelle « se ferme » sur les autres. Le Français entendrait sur une octave ; le Russe, le Portugais, sur onze.
  • Entendre n’est pas écouter : entendre est passif, écouter est un geste — une posture, une tension, une volonté.
  • Écouter, c’est un sport de haut niveau : celui du muscle de l’étrier, le plus petit et le plus récent du corps (6 mm), qui accorde l’oreille comme on accorde un instrument.
  • L’oreille est le premier organe : avant le cerveau dans l’évolution, avant la parole chez l’enfant — qui ne parle qu’une fois debout.
  • Le grand renversement : on croyait l’information montant de l’oreille vers le cerveau ; on sait aujourd’hui que l’essentiel des fibres descend du cerveau vers l’oreille. Nous n’entendons pas le monde, nous le sélectionnons.
  • L’oreille recharge le cortex : Tomatis avance que l’oreille fournit « 60 à 90 % de l’énergie » dont le cerveau a besoin — et la privation de sons mène à l’effondrement.
  • L’oreille droite est directrice pour le langage.
  • Tout commence dans l’utérus : le fœtus n’entend pas des mots, mais la musique d’une langue — et « redonner l’audition fœtale » rouvrirait l’oreille adulte.

« Sourd comme un Français » : l’oreille décide de nos langues

Tout est parti des chanteurs. En cherchant pourquoi tel Vénitien ne parvenait pas à rouler ses r « à la napolitaine », Tomatis fait une découverte simple et renversante : ce qu’il ne pouvait pas prononcer, il ne pouvait pas l’entendre. « Si vous n’entendez pas certaines choses, c’est très difficile de le reproduire. » En reconstituant l’oreille de Caruso à partir de ses enregistrements, puis en la « prêtant » à ses chanteurs, il les voit soudain prononcer ce qui leur résistait.

De là, un saut : et si nous étions, face aux langues étrangères, dans la situation de ce Vénitien ? Tomatis analyse les courbes de centaines de langues — il dit en avoir examiné quelque 800 — et n’en trouve qu’une douzaine de « manières d’entendre » fondamentales. Chaque langue vit dans sa bande de fréquences : le Français, resserré sur à peine une octave ; les Slaves, les Portugais, ouverts sur une dizaine. « Le Portugais, c’est l’espagnol parlé avec une oreille de Russe », lâche-t-il — d’où ces paysans portugais qui parlent toutes les langues « sans se déplacer ».

Apprendre une langue, ce ne serait donc pas une affaire d’effort ni d’intelligence, mais d’ouverture : faire travailler le « diaphragme » de l’oreille pour qu’il laisse passer les fréquences de l’autre langue. Et ce n’est jamais qu’une question de sons : changez de langue, dit Tomatis, et « vous n’êtes pas le même bonhomme » — la posture, le geste, jusqu’au visage se modifient. On n’entre pas seulement dans l’audition d’une langue, mais dans sa gestuelle.

Entendre n’est pas écouter

C’est la distinction matricielle de toute son œuvre. Entendre est passif : le son nous arrive. Écouter est un acte : « Pour avoir une oreille fabuleuse et ne pas écouter ; au contraire, vous pouvez avoir un reliquat auditif et désespérément vouloir écouter. » Mieux vaut, dira-t-il ailleurs, « une oreille mauvaise qui a envie d’écouter qu’une très bonne qui refuse d’entendre ».

Écouter engage le corps entier. Il faut « tendre l’oreille » — et tendre l’oreille, c’est tendre la nuque, le tronc, la face. Sans une certaine verticalité, pas d’écoute : essayez, suggère-t-il malicieusement, de tenir un discours à quatre pattes. La posture affaissée est celle de l’entendant qui n’écoute pas ; l’écoute véritable redresse.

Et l’on devine à l’œil si quelqu’un écoute : tout se joue sur deux muscles minuscules de l’oreille moyenne. Celui qui serre les dents, ferme le visage, « bloque » son oreille — « votre message ne passera pas ». L’écoute est une ouverture, presque une politesse du corps.

L’athlète de l’étrier

Au cœur de l’oreille moyenne, deux muscles : celui du marteau et celui de l’étrier. Ce dernier est un cas à part : le plus petit du corps (6 mm), le plus récent dans l’évolution (apparu avec les mammifères), et donc le plus difficile à commander — « il n’y a pas de conscience qui va l’habiter ». C’est pourtant lui qui tend l’oreille vers les aigus, qui l’accorde, qui décide de ce qu’on laisse entrer.

D’où une formule qui résume la méthode : « Devenir un linguiste, devenir un chanteur, devenir un écoutant, c’est devenir un athlète ou un virtuose du muscle de l’étrier. » On peut l’éduquer électroniquement ; on peut aussi le travailler soi-même, par le visage — car le muscle de l’étrier partage son nerf avec les muscles de la face. C’est pourquoi, sourit Tomatis, « les gens qui ont de bonnes écoutes n’ont pas de rides », tandis que Beethoven, devenu sourd, avait le visage « ridé comme une pomme ». L’écoute, dit-il, est « le meilleur lifting ».

L’oreille avant le cerveau

Pour Tomatis, l’oreille n’est pas un organe parmi d’autres : c’est le premier. Premier dans l’évolution — « quand l’oreille commence à apparaître, c’est la première à venir ; le cerveau suit après », et il se complexifie au même rythme qu’elle. Premier dans le développement de l’enfant aussi : il faut s’asseoir pour babiller, se mettre debout pour que les mots viennent, marcher pour que la phrase se construise. « S’il ne marche pas, il n’aura pas de phrasé. »

C’est que l’oreille n’est pas qu’un organe de l’audition. Sa partie la plus archaïque, le vestibule, commande l’équilibre, la posture, « la mécanique de tout le corps » : « Il n’y a pas un muscle du corps qui ne dépende de l’oreille, depuis le cuir chevelu jusqu’au doigt de pied. » Avant de nous faire entendre le monde, l’oreille nous tient debout dedans.

Le grand renversement : c’est le cerveau qui écoute

Voici le retournement le plus audacieux — et le plus moderne. Longtemps, on a cru l’oreille branchée sur le cerveau à sens unique : le son monte, le cerveau reçoit, à 100 %. Tomatis rapporte comment cette image s’est effondrée. L’école de Lausanne, dit-il, avait repéré des fibres descendantes — « qui venaient du cerveau et captaient ce qu’on voulait » ; puis les travaux de Montpellier ont montré que l’essentiel du flux va du cerveau vers l’oreille.

La conséquence est vertigineuse : nous n’entendons pas passivement, nous choisissons. « Quand vous avez envie de tendre l’oreille, vous le faites ; vous n’avez pas envie d’écouter, vous arrivez à couper. » On coupe une fréquence pour ne pas entendre une voix, on ferme un côté, on se rend « sourd » sans l’être — ces enfants « qui se présentent comme des sourds et dont l’oreille est bonne : ils ont tout fermé ». L’écoute est une fonction active du cerveau, pas une réception de l’oreille.

L’oreille, dynamo du cerveau

Si l’oreille tient une telle place, c’est qu’elle nourrit le cerveau. Tomatis avance un chiffre qui, à l’époque, fait sursauter : l’oreille fournirait « entre 60 et 90 % de l’énergie » corticale — par les sons, mais aussi par la lutte permanente contre la pesanteur qu’elle impose. « Plus vous êtes debout, plus vous êtes tonique ; plus vous êtes couché, plus vous êtes crevé. »

La preuve par le manque : la privation sensorielle. Tomatis rappelle ces expériences canadiennes où des volontaires, immergés et coupés de toute stimulation, voyaient leur tracé cérébral s’aplatir en quelques minutes — certains finissant à l’hôpital psychiatrique, faute qu’on sache les « réveiller ». Le silence absolu ne repose pas : il défait. Ce dont le cerveau a besoin, c’est d’un flux continu de stimulations — et l’oreille en est la première pourvoyeuse.

L’oreille droite, et la voix d’avant la naissance

Deux dernières pièces complètent le tableau. D’abord la latéralité : pour le langage, « l’oreille droite est directrice ». Apprendre à un enfant à « écouter par la droite » l’aide à se latéraliser, à trouver son axe — un thème que Tomatis relie à toute une dynamique du corps et du cerveau.

Ensuite, le commencement de tout : l’audition fœtale. Bien avant les mots, l’oreille fonctionne dans l’utérus — « c’est là où elle est plus ouverte, c’est là où ça marche plus fort ». L’enfant à naître n’entend pas une langue, il en perçoit la musique : des cadences, « un peu comme du morse », différentes d’une langue à l’autre. Toute la méthode de Tomatis vise à « refaire travailler l’oreille comme elle était dans l’utérus » — rouvrir cette écoute première pour relancer le langage, l’apprentissage, la communication. Et au centre de cette scène première, une voix : celle de la mère, premier son, première langue, premier lien.

Aujourd’hui : ce que dit la science

Comment cette conférence vieillit-elle ? Étonnamment bien — à condition de distinguer deux niveaux. Les grandes intuitions de Tomatis — l’oreille reliée au cerveau et au corps, l’écoute comme acte et non comme réception, l’audition d’avant la naissance qui façonne le langage, l’oreille qui s’« accorde » à sa langue — sont aujourd’hui largement confirmées par les neurosciences. En revanche, ses mécanismes chiffrés (la « recharge » du cortex par les aigus) tiennent de la métaphore, et l’efficacité thérapeutique de sa méthode reste, elle, non démontrée. Faire la part des deux, c’est lui rendre justice sans le survendre.

« Écouter n’est pas entendre » — confirmé, et jusque dans le détail. L’idée que le cerveau commande activement à l’oreille n’est plus une provocation : c’est un fait établi à tous les étages. Le cortex règle le « gain » de la cochlée selon l’effort mental (le réflexe olivocochléaire médian se renforce en situation de mémoire de travail) ; l’attention sélective rehausse l’activité du nerf auditif lui-même, mesurée directement chez l’humain ; et dans le brouhaha d’un « cocktail party », c’est l’attention qui fait émerger la voix qu’on veut suivre. Là où Tomatis évoquait l’école de Montpellier et des fibres « descendant du cerveau vers l’oreille », la science parle aujourd’hui de contrôle cortico-fugal — mais l’intuition était juste : nous ne subissons pas les sons, nous les sélectionnons.

« Tout commence dans l’utérus » — confirmé. Le fœtus réagit au son dès la 19ᵉ semaine ; le nouveau-né préfère la voix de sa mère et reconnaît la mélodie de la langue entendue avant de naître. En 2023, une équipe a même montré que l’expérience prénatale du langage laisse une trace dans le cerveau du nourrisson, et qu’une grossesse bilingue façonne déjà différemment l’encodage de la parole. Tomatis parlait de « refaire travailler l’oreille comme dans l’utérus » : la prémisse — l’audition prénatale sculpte le cerveau du langage — est aujourd’hui un acquis.

« Sourd comme un Français » — confirmé, mais c’est le cerveau qui est sourd, pas l’oreille. Le « crible » des langues existe bel et bien : entre 6 et 12 mois, le nourrisson perd la capacité de distinguer les sons absents de sa langue (les travaux fondateurs de Werker & Tees, puis l’« aimant phonémique » de Patricia Kuhl avec le fameux r/l inaudible aux Japonais). L’« oreille » qui se ferme est en réalité une carte corticale qui se spécialise. De même, l’avantage de l’oreille droite pour le langage, lié à la dominance de l’hémisphère gauche, est un fait d’écoute dichotique bien documenté. Tomatis avait vu juste sur le phénomène ; il le situait dans l’oreille là où on le situe désormais dans le cerveau.

« Le son prend aux tripes » — confirmé. L’oreille est réellement reliée au nerf vague (sa branche auriculaire), au point qu’on stimule aujourd’hui ce nerf par l’oreille externe en thérapeutique. Surtout, l’effet du son sur le corps est massif : l’OMS établit qu’un bruit de circulation plus élevé augmente le risque de cardiopathie ischémique (+8 % par tranche de 10 dB), et l’Agence européenne de l’environnement attribue au bruit environ 48 000 cas de cardiopathie et 12 000 décès prématurés par an en Europe, via le stress, le cortisol et le système sympathique. À l’inverse, la musique apaisante augmente la variabilité cardiaque et fait baisser le cortisol. Le son agit sur le cœur et les viscères : Tomatis n’avait pas tort de le marteler.

Là où il faut nuancer — voire corriger. La « recharge corticale » par les sons aigus est une image : un son éveille bien le cortex (via le système réticulé activateur), mais il s’agit d’une vigilance transitoire, pas d’une énergie qui s’accumulerait. Quant à l’« effet Mozart » — souvent associé à l’univers Tomatis —, il est réfuté : une méta-analyse de quarante études n’en retrouve aucune trace fiable. Ce qui ne veut pas dire que la musique soit inerte : la pratique musicale, le rythme, l’émotion musicale ont des effets cérébraux réels et documentés — simplement pas ceux d’une pilule de QI.

Et la méthode elle-même ? Ici, l’honnêteté commande la prudence. Les meilleures données disponibles sont défavorables ou neutres : une revue Cochrane conclut qu’« il n’existe aucune preuve » de l’efficacité des thérapies par le son (dont Tomatis) dans l’autisme, et le seul essai en double aveugle avec placebo (Corbett, 2008) ne trouve aucun bénéfice. Quelques travaux récents rapportent des signaux positifs, mais sur de petits effectifs et sans vrai groupe placebo : à confirmer, pas à proclamer. La conférence vaut donc d’abord comme pensée — une intuition féconde de l’oreille comme organe du lien — plus que comme protocole clinique prouvé.

Au goût du jour. Reste l’essentiel, et il est plus actuel que jamais : éduquer l’écoute, prendre soin de l’oreille. L’OMS estime que plus d’un milliard de jeunes de 12 à 35 ans (chiffre de 1,1 milliard avancé en 2015, réaffirmé en 2026) risquent une perte auditive évitable à cause d’une écoute à risque — écouteurs, concerts, jeux vidéo —, et porte depuis dix ans une initiative mondiale, Make Listening Safe. Trente ans avant ce branle-bas, un médecin répétait qu’il fallait apprendre à écouter, que l’oreille était précieuse et fragile. Sur ce message-là, le temps lui a donné raison.

Sources

  • Contrôle du cerveau sur l’oreille — Direct cochlear recordings in humans reveal attention effects on the auditory nerve, Gehmacher et al., J. Neuroscience, 2022 : pmc.ncbi.nlm.nih.gov · The medial olivocochlear reflex strength is modulated during a visual working memory task, Marcenaro et al., J. Neurophysiol., 2021 : pubmed · Selective attention enhances beta-band cortical oscillation to speech, Front. Hum. Neurosci., 2017 : pmc
  • Audition prénatale & voix maternelle — Prenatal experience with language shapes the brain, Mariani… Gervain, Science Advances, 2023 : pubmed · Exposure to bilingual or monolingual maternal speech…, Gorina-Careta et al., Front. Hum. Neurosci., 2024 : frontiersin.org · Development of fetal hearing, Hepper & Shahidullah, 1994 : pmc
  • Le « crible » des langues — Cross-language speech perception: perceptual reorganization during the first year of life, Werker & Tees, 1984 : sciencedirect · Early language acquisition: cracking the speech code, Patricia K. Kuhl, Nature Reviews Neuroscience, 2004 : nature.com
  • Son, nerf vague & cœur — Health risks caused by environmental noise in Europe, AEE/EEA, 2020 : eea.europa.eu · WHO Environmental Noise Guidelines — Cardiovascular and Metabolic Effects, van Kempen et al., 2018 : pmc · The anatomical basis for transcutaneous auricular vagus nerve stimulation, Butt et al., J. Anatomy, 2020 : pubmed
  • « Effet Mozart » réfuté — Mozart effect–Shmozart effect: a meta-analysis, Pietschnig et al., Intelligence, 2010 (fiche ERIC EJ882611) · The Mozart effect myth, Oberleiter & Pietschnig, Scientific Reports, 2023 : pmc
  • Méthode Tomatis — niveau de preuve — Auditory integration training and other sound therapies for autism spectrum disorders (revue Cochrane, mise à jour 2022) : cochrane.org · Corbett, Shickman & Ferrer, J. Autism Dev. Disord., 2008 : springer
  • Santé auditive aujourd’hui — OMS, Deafness and hearing loss (mise à jour 3 mars 2026) : who.int · Unsafe listening practices…, Dillard et al., BMJ Global Health, 2022 : pmc · OMS, initiative Make Listening Safe : who.int

Transcription intégrale de la conférence

Transcription automatique (faster-whisper) relue. La ponctuation et certains noms propres peuvent comporter des approximations.

Bienvenue M. Tomatis. Alors, aujourd’hui l’objet de la conférence intègre surtout le langage et l’intégration des langues et le cerveau. Tout ceci est un ensemble. Vous allez nous parler donc du résultat de vos recherches, des expériences que vous menez dans le monde entier. Je crois savoir que l’éducation nationale fait enfin appel du pied, car jusqu’à maintenant il n’y avait que les méthodes classiques françaises pour apprendre les langues.

Vous savez les résultats aujourd’hui que l’on a, les retombées et les conséquences qu’il y a au niveau de l’entreprise, car nous avons une demande très importante de formation en langue, telle que l’anglais, l’espagnol, j’en passe, le portugais et surtout l’allemand. Il y a des moyens maintenant un peu plus modernes, mais qui sont difficilement compris. C’est ce que vous allez nous expliquer. Vous avez écrit « sourd comme un français ». Ça serait intéressant de savoir ce que vous entendez par là. Vous avez également écrit « dites-moi ce que vous écris ».

Si vous écoutez, je vous dirai qui vous êtes. Nous allons écouter le professeur pendant une heure et demie environ. Nous passerons ensuite aux questions, une demi-heure environ. Il y a un questionnaire qui vous a été distribué. Je vous demanderai de remplir ce questionnaire. Nous allons recueillir ces questions, les regrouper par famille pour gagner du temps.

Et le professeur répondra ensuite à vos questions dans une heure et demie environ. Je vous remercie pour votre accueil. Je suis ravi d’être parmi vous pour la deuxième fois. D’autant plus ravi que le premier accueil était extraordinaire. Une dynamique à un moment donné qui s’était instaurée, qui était extraordinaire, que je n’ai pas oublié. Il me semble que c’était hier.

J’ai l’impression qu’aujourd’hui, je vais prendre la suite de ce qui s’était fait. Le programme que vous me demandez, c’est colossal. Il n’y a pas une heure et demie de discours à faire, mais plusieurs jours. Parler de l’intégration des langues et du cerveau, c’est toute une problématique colossale. Et de surcroît, j’ai vu qu’il m’était posé des questions qui touchent plus qu’aux langues, un peu à tout, notamment à la dynamique du cerveau lui-même, à la dynamique de la latéralisation, à savoir ce qu’est une latéralité, etc. J’ai amené quelques documents.

Rassurez-vous, je ne vous ferai pas tout passer. On sera là pour plusieurs jours. Mais en fonction des questions que vous allez me donner, sans doute, je serai plus appuyé en vous montrant quelques schémas, quelques projections. Effectivement, je m’occupe des langues depuis bien longtemps, depuis à peu près une quarantaine d’années. J’ai été conduit aux langues d’une manière suivante, m’occupant d’abord de chanteurs. Je voulais savoir pourquoi un chanteur chantait.

Je me suis rendu compte qu’ils avaient des oreilles exceptionnelles. J’ai eu affaire à des chanteurs qui ne pouvaient pas prononcer certaines voyelles, certaines consonnes, notamment les Vénitiens, qui ne pouvaient pas dire le R de bout de langue. En essayant de voir pourquoi ils avaient ces difficultés, je me suis rendu compte qu’ils ne les entendaient pas. Effectivement, en regardant les oreilles en masse, j’étais dressé et exercé. Aux arsenaux, j’avais l’habitude de regarder tous les gens qui travaillaient sur les réacteurs et de voir quels étaient les dommages qu’ils avaient sur leurs oreilles. Je me suis rendu compte qu’il y avait des manières d’entendre, mais surtout des manières d’écouter.

Je me suis rendu compte qu’il y avait des manières d’entendre, mais surtout des manières d’écouter. Pour avoir une oreille fabuleuse et ne pas écouter, au contraire, vous pouvez avoir un reliquat auditif et désespérément vouloir écouter. C’est la dimension d’écoute qui nous a apporté toutes les clés, et les gens qui n’entendent pas ça d’un phonème ne savent pas les écouter. C’est bien que lorsque j’ai pu faire que mes braves Vénitiens entendent comme un Napolitain, j’ai pris comme critère l’oreille de Caruso, ils ont prononcé tous les airs qu’ils voulaient. Comment j’avais vu l’oreille de Caruso ? Il m’était facile, je m’étais rendu compte aux arsenaux qu’un sujet qui avait eu des dommages, à son oreille, ne produisait plus les harmoniques qu’il avait perdu, ce qui est une logique.

Si vous n’entendez pas certaines choses, c’est très difficile de le reproduire. Eh bien, partant de là, en faisant toute l’analyse de toute la voix de Caruso, je suis arrivé à voir comment il avait dû entendre au jour le jour, et en impliquant cette oreille à mes braves Vénitiens, je les ai vus prononcer de re de bout de langue, comme un Napolitain sait le faire. Sinon, je me suis demandé s’il n’y avait pas d’autres oreilles. J’avais beaucoup de chanteurs millénaires à l’époque, ils avaient des oreilles bien spécifiques. J’ai trouvé, pourquoi pas, des oreilles d’anglais. Des oreilles d’autres.

Et là, je me suis rendu compte qu’il y a une certaine satisfaction, de base, c’est que je comprenais pourquoi un Français qui était, quelles que soient ses potentialités, bloqué vis-à-vis de l’anglais, notamment, parmi lesquelles je faisais, j’étais du nom, bien entendu, et j’ai, comme tout le monde, essayé d’apprendre l’anglais à l’époque, et en classe, en faisant quelques heures, au bout d’une certaine génération, enfin, une certaine six ou sept ans d’anglais, je n’ai sans doute prononcé que mots et de travers, eh bien, je me suis rendu compte que ça n’était pas lié à un facteur d’effort, lié à un facteur d’intelligence, mais lié à un diaphragme auditif qui n’était pas ouvert comme il fallait. Je suis resté cinq ans sur le problème des langues, en essayant de voir beaucoup de langues. J’ai examiné à peu près 800 langues. Ça ne veut pas dire que je les sache. Mais en laboratoire, j’ai pu faire l’analyse, à un moment donné, des phonèmes, j’ai pu faire l’analyse surtout des phrases, et trouver la courbe des enveloppes des langues. Elles sont très différentes.

Je n’en ai pas trouvé plus de douze, cependant. Je pense qu’avec douze manières d’entendre, on doit pouvoir examiner pas mal d’autres langues. C’est vrai qu’il y en a 5000, donc je laisse aussi. Je suis suivant la charge de le faire. Mais ce qui est intéressant, c’est que lorsque vous prenez un sujet quelconque, et que vous le faites entendre à la manière d’un anglais, et bien vous le voyez intégrer l’anglais à toute vitesse, à la manière d’un italien, immédiatement il prononce à l’italienne, et mieux que cela, il se tient autrement, il se posture autrement. Et au début, j’avais tous ces résultats en main, et sans savoir pourquoi, j’ai pendant des années appliqué la technique.

Ah non, beaucoup plus loin, puisque j’ai pensé également que l’enfant en trouble scolaire était vis-à-vis de sa langue maternelle, comme on peut l’être vis-à-vis de l’anglais ou autre chose, et en appliquant ces techniques, j’ai pu donc libérer pas mal d’enfants de leurs problèmes, pas mal d’adultes de leurs problèmes de langage et de communication, et puis, chemin faisant, on ne peut pas travailler toujours dans une telle direction, avec autant de résultats, et sans tout de même se poser quelques questions, et c’est peut-être ça que je vais vous exposer, pensant actuellement mieux voir comment marche le cerveau face au langage. L’oreille est un organe exceptionnel, et qui est mal connu, on commence à le voir un peu plus, et là vous êtes bien placé, puisque les gens qui vont dans l’espace commencent à penser plus qu’audition, et pensent le vestibule. Effectivement, l’oreille est ce qui nous donne l’équilibre, qui nous donne la notion dans l’espace, qui nous donne également la mécanique de tout le corps. Il n’y a pas un muscle du corps qui ne dépend de l’oreille, depuis le cuir chevelu jusqu’au doigt de pied. Quand on m’en dit, dès l’instant où vous faites quelque chose, vous lisez, vous écrivez, c’est toujours l’oreille qui est en cause, par la partie la plus archaïque, qui s’appelle le vestibule. Ce vestibule, on va le voir, est une partie qui comprend l’utricule, le saccule et les canaux semi-circulaires.

Voilà comment se présente l’oreille, c’est une coque osseuse, dure comme de l’ivoire, qui a à l’intérieur plusieurs parties. Dans cette coque osseuse, nous avons trois parties. Celle-ci qui va dépendre de l’utricule et des canaux semi-circulaires, cette partie-là qui va dépendre du saccule, et cet ensemble s’appelant le vestibule, et là, la coquelette. Celle de la coquelette, elle est attribuée théoriquement à l’audition. Et c’est vrai que quand on parle d’oreille, on pense toujours à l’audition. Et on pense maintenant un tout petit peu, grâce aux investigations dans l’espace, au vestibule, mais c’est un phénomène assez second.

À présent, on pense toujours que l’oreille ne va nous servir que pour écouter. Or, s’il n’y a pas de vestibule, vous ne pouvez pas écouter. Si vous ne prenez pas la posture d’écoute, vous n’aurez pas l’oreille tendue. Et tendre l’oreille, c’est tendre le corps, c’est tendre la face, c’est tendre tout le système. On va le retrouver tout à l’heure. Quand on ouvre cette coque, à l’intérieur, on aura un organe, que voici, qui s’appelle le labyrinthe membraneux.

Là, on voit mieux tout ce qui se passe. Voilà l’utricule, voilà le saccule, et là, la coquelette. Cet échéma qui est classique dans tous les livres du monde, qui s’occupe et de psychologie, et d’écoute et d’audition, montre à peu près où se trouve l’oreille. Si elle est à 4 cm à peu près en profondeur, dans cette direction-là, et là, je vous le porte d’autant plus que c’est ce qu’on voit dans tous les livres, malheureusement, c’est la posture de non-écoute. Quelqu’un qui se tiendrait comme celui-ci, eh bien, serait entendant, mais non-écoutant. Écouter implique une verticalité plus grande, et pour que l’oreille marche bien, il faut d’à peu près que ce soit ceci.

L’horizontale qui passe par l’œil fermé doit descendre un peu plus bas que le trou d’oreille droit. Dans cette posture-là, vous serez un écoutant. Quand vous écoutez de la musique, quand vous participez, quand vous êtes adhéré complètement, si vous avez à un moment donné à chanter, vous êtes obligé de prendre cette posture où vous ne chantez pas, ou en tout cas, vous n’écoutez pas grand-chose. Vous fatiguez immédiatement dès l’instant où ceci décolle. Ça veut dire quoi ? Eh bien, la partie du tricoléatisme, ici, va nous donner l’horizontalité de la tête, dans la mesure que je viens, dans la dimension que je viens de vous donner.

La verticalité du tronc, s’il n’y a pas de verticalité, s’il n’y a pas non plus d’horizontalité, vous n’aurez pas une bonne écoute, et vous aurez du mal à adhérer. C’est vrai, je vous l’ai dit tout à l’heure, qu’en fonction des langues, et en fonction de l’approche linguistique, nous allons nous tenir différemment. Si vous prenez un anglais, il aura plutôt la taille filiforme mélangé des lignes, et si vous changez de langue, vous verrez que vous changez de posture, vous n’êtes pas le même bonhomme, vous n’avez pas la même tenue, vous êtes tout à fait différent, et je pense qu’entrer dans une langue, c’est d’entrer non seulement dans l’audition de la langue, mais dans la gestuelle de cette langue. Plus aiguë, je dirais encore plus aiguë. Plus grave, soudain. Plus grave.

Plus grave. Plus grave. Plus grave. Plus grave. En charge d’oreille. Plus grave.

Ah, si, plus grave. Voilà, c’est ça tout. Bien. La difficulté de l’oreille dans son anatomie l’a fait désigner comme un labyrinthe. Je pense que c’est pour ça que tout le monde s’y perd. En fait, c’est une unité.

Et c’est parce que nous avons du mal, les anatomistes sont passés par là, ils ont coupé un petit rondel, on n’y comprend plus grand chose. En fait, c’est une unité. Mais ici, je pense qu’il faut être plus apte à comprendre de quoi il s’agit. C’est une unité qui s’est, à un moment donné, multipliée, qui s’est perfectionnée. Comme ces satellites qu’on envoie dans l’espace, qui donneront le maximum de ce qu’ils peuvent rendre. Et puis, à un moment donné, quand ils ont tout donné, mis en place de l’énergie de don, on peut leur additionner quelque chose et accrocher quelque chose à part.

Eh bien, l’oreille a fait pareil. Elle a eu d’abord le tricule, elle a eu ensuite les canaux semicirculaires, elle a ensuite le saccule et enfin la coquille. Le tricule, on le trouve déjà dans les lignes inférieures, chez les poissons, notamment. Ensuite, on va voir une augmentation du système. Chez les batraciens, on apparaît le saccule, lequel le saccule va permettre déjà la course à la verticalité. Chez les oiseaux, la partie intérieure, ici, qui s’appelle la laguna, commence.

Et il n’y a que les mammifères qui auront la totalité. Mais dès qu’un mammifère, il va y avoir course à la verticalité. Et pour vous en persuader, c’est facile. Vous voyez que la verticalité est nécessaire pour parler. Ce soir, en arrivant chez vous, tâchez de vous mettre à quatre pattes et essayez de tenir un discours. Des choses banales, vous pourrez les dire.

Quelques mots, vous pourrez les sortir. Mais parler longuement, sans qu’il y ait l’image du corps, vous ne pourrez pas le faire. Si on regarde beaucoup plus loin, dans la genèse du langage, un enfant ne peut pas se mettre debout, ne peut pas parler. S’il ne marche pas, il n’aura pas de phrasé. Il y a donc toute une dynamique. Un enfant commence à lâcher quelques mots dès qu’il peut s’asseoir, il commence à babiller.

Dès qu’il se met debout, les mots apparaissent. Dès qu’il se met à marcher, dès qu’il se prend à marcher, le verbe apparaît, la dynamique apparaît, la phrase commence. Donc là, toute une jonction est nécessaire. Mais si un enfant démarre trop tard, s’il accède à la verticalité à la marche après 26 mois, par exemple, 24-26 mois, il ne pourra pas accéder à la marche. Il ne pourra pas accéder ensuite au langage. Donc là, une implication systématique.

Cet appareil-là est mis en route grâce à une oreille moyenne. Pour nous, avec notre activité, ce qui générait le premier, c’est donc l’oreille interne. Vient ensuite l’oreille externe. Et enfin, l’oreille moyenne entre les deux, que voici, c’est important. Et quand vous voulez déterminer, à un moment donné, l’apprentissage d’une langue, c’est à ce niveau-là que vous jouez. L’oreille interne est ici, que je viens de vous montrer.

L’oreille externe est dehors, avec son pavillon. Ici, c’est la membrane tympanique. Et là, vous avez deux blocs. Un bloc en bleu ici, c’est le bloc incudomoliolaire, fait du marteau et de l’enclume, avec un muscle qui est ici, qui est le muscle du marteau. Et à l’intérieur, vous avez l’étrier et le muscle de l’étrier. Devenir un linguiste, devenir un chanteur, devenir un écoutant, c’est devenir un athlète ou un virtuose du muscle de l’étrier, en définitive.

Le muscle de l’étrier a un suicide particulier, c’est qu’il est né également avec les mammifères. Il est très tardif. C’est le plus récent des muscles de l’organisme. Sans doute pour cela qu’on a tellement de mal à le consensuser. Pour pouvoir le commander, c’est aussi difficile, parce qu’il n’y a pas de conscience qui va l’habiter. Et pourtant, être un écoutant, c’est savoir jouer sur lui.

Il y a un autre inconvénient, c’est qu’il est le plus petit du corps. Il a 6,2 mm. Donc, on a du mal à jouer sur lui, comme on joue sur un biceps. Et ça explique aussi qu’on a du mal à l’éduquer, aussi qu’il est fragile, et aussi qu’il risque, à un moment donné, d’être très vite abîmé. Je vous donne un petit exemple à passant. Si vous portez des boules cuillères, par exemple, si vous mettez des boules cuillères dans la nuit, en rien de temps, ce muscle-là s’atrophie, il ne joue plus et vous avez souffert du bruit avant.

Après, vous allez en crever. Plus on met de boules cuillères, plus on est en dépression. Ça peut même être interdit, si vous voulez, du point de vue de l’utilisation. Un autre effet de ce muscle-là, c’est un extenseur. C’est le dernier des extenseurs. Si vous avez de la chance de savoir jouer sur le muscle étrier, vous avez votre verticalité assurée.

Celui qui sait écouter est à tout moment, à un moment donné, appelé à se tenir en posture verticale. On ne peut pas jouer sur l’étrier avec facilité. Encore que maintenant, on peut vous éduquer. Les techniques électroniques que l’on utilise ne jouent que sur cette musculature. Mais on a la chance de pouvoir faire jouer, de jouer soi-même sur cette musculature, en travaillant tous les muscles de la face. Les muscles de la face sont énervés par le nerf facial.

Or, le muscle de l’étrier est énervé par le nerf facial. Chaque fois que vous tirez sur tout le visage, vous voyez que les gens qui ont de bonnes écoutes n’ont pas de rides. Et les gens qui sont à l’inverse, comme Beethoven, qui est une pomme ridée, c’était le mouvement qui fallait faire. On ne peut jamais rien entendre. Et plus il a force dans ses réactions, c’est sûr qu’il avait la possibilité d’avoir une oreille qui était tendue dans les aigus. Effectivement, l’étrier, bien tendu, nous donne la courbe ascendante normalement dans tous nos octaves, de 16 périodes à 16 minutes, quelques-uns montent un peu plus haut, mais en règle, pour ouvrir ce diaphragme, il faut un jeu harmonieux entre le muscle du marteau, qui est un fléchisseur, et le muscle de l’étrier, qui est un extenseur.

Celui-ci est énervé par la cinquième paire, qui vous explique que chaque fois que vous l’écoutez, vous avez un jeu qui va se faire au niveau de la cinquième paire. En temps de bouche bée, c’est déjà ouvrir l’oreille. C’est un peu lâché. Quelqu’un qui ne veut pas écouter, serre les dents, bloque les dents, c’est-à-dire qu’il joue à la fois sur la cinquième et sur la septième paire, et votre message ne passera pas. D’emblée, vous savez si quelqu’un vous écoute ou s’il n’écoute pas. Il y a une sorte d’attention, mais l’attention va se faire sur le jeu de ces deux musculatures.

À l’intérieur de l’oreille, je vous le dis un peu vite, puisqu’on veut toucher au cerveau, il y a une cellule, et qui est vieille comme le monde, puisque c’est un protozoaire, c’est un flagellé en définitive, qui vivait donc bien tranquille dans son temps, et son flagellé lui permettant d’écouter le monde. Ce flagellé s’est trouvé ensuite utilisé dans toutes les lignes animales, depuis les méduses jusqu’à l’homme, pour pouvoir apporter l’information aux cellules qui sont mises tout autour. Dès qu’on passe du protozoaire au métazoaire, on est obligé à un moment donné d’avoir des informations qui passent à l’intérieur. Eh bien, des petites cellules implantées, qui sont encore une fois des flagellés, vont donner l’information à l’intérieur, et elles ont cette allure. Et depuis la nuit des temps, elles sont toujours les mêmes. Vous les voyez là chez les poissons, c’est un flagellé, mais au lieu d’avoir un cil, il y en a quelques-uns en plus.

Un qui est toujours plus grand, qui s’appelle le quinocillium. Le voilà chez les grenouilles, c’est toujours la même cellule. Les voilà chez les oiseaux, c’est le cobay. Elles ont à peu près la même, toujours la même allure. Peut-être y a-t-il une petite différenciation, une est un peu oblongue, tandis que l’autre est un peu plus rectiligne. Mais voilà les deux cellules que l’on trouvera chez l’homme.

Et elles sont les mêmes, toujours avec un quinocillium en partie haute. On va voir à quoi cela répond. La chance de ces informations de pouvoir passer, c’est que chaque fois que le quinocillium est touché, immédiatement ici, à la partie basse, se prépare une réponse électrique. Il y a donc à un moment donné une transmission électrique à ce niveau-là, qui va faire porter l’information en partie basse, et là, dans ces sortes de ventoules, ou dans cette enveloppe qui est ici, vous aurez un phénomène physico-chimique. Donc il y a un temps, il y a un passage qui se fait par excitation, et il y a encore une vingtaine d’années, 20-25 ans, on pensait qu’il y avait information directe vers le cerveau. Mais on s’est rendu compte que ces cellules étaient isolées, elles étaient indépendantes, un peu plantées comme des pots de fleurs dans le sol.

Elles sont donc, à un moment donné, c’est ici que la transmission va se faire par des transmetteurs. Mais voici ce que donne le microscope électronique, qui est intéressant. Chaque fois qu’on envoie une information en partie haute, et bien immédiatement, cette partie que vous avez là, ces petits points qui sont des mitochondries, le noyau est là. Ces cellules ont ceci des caractéristiques, c’est que le noyau est basal et non pas médian. Les cellules sont donc à la partie distale, et immédiatement, dès qu’il y a une information qui passe, on voit le tracé des mitochondries qui se passent pour aller porter l’information en partie basse. Tout est un phénomène d’information à ce niveau-là.

On voit une photo encore beaucoup plus belle, je pense, sur le trajet de l’information. On la voit encore mieux là. On la voit ici sur le périphérique. On voit encore une. Alors actuellement, je pense que ce qui nous permet de mieux comprendre également la mécanique de l’oreille moyenne, c’est qu’on sait que l’information qui va de la cellule au cerveau n’est pas simplement, comme on le pensait jadis, partant de l’oreille pour le cerveau à 100%. L’école de Lausanne, il y a environ 15 ans, s’était rendu compte qu’il devait y avoir des filtres afférents qui venaient, au contraire, qui venaient du cerveau et captaient ce qu’on voulait.

Ils en avaient très vite 10%, ce qui était déjà phénoménal, et ça expliquait qu’on allait écouter ce qu’on avait envie d’entendre. Actuellement, les travaux de l’école de Montpellier viennent nous le démontrer, il y a à peu près une année, qu’il y a 90% des cellules qui viennent du cerveau vers l’oreille. Autrement dit, quand vous avez envie de tendre l’oreille, vous le faites, vous n’avez pas envie d’écouter, vous arrivez à couper, et on coupe, je pense, à plusieurs niveaux. On a tous les moyens pour savoir couper. On peut couper en dehors, fermer la paupière auditive, ce que fait parfois l’enfant. Des enfants qui se présentent comme des sourds et leur oreille est bonne, ils ont tout fermé.

Vous pouvez aussi, à un moment donné, faire un scotome, couper des régions. Vous n’avez pas envie d’entendre, comme fait l’enfant, la voix du père, vous coupez entre 1000 et 2000 Hz. Vous n’avez pas envie d’entendre la mère, vous coupez à partir de 2000 Hz. Un homme qui ne veut pas entendre sa femme fait pareil, etc. Vous pouvez aussi couper un côté plutôt que l’autre. Si à un moment donné, vous faites une crise qui fait que vous ne pouvez plus entrer en communication avec quelqu’un, vous avez un moyen.

Mais tous les moyens que nous utilisons sont toujours mauvais puisqu’on se trompe de quelque chose. Un des moyens, c’est de provoquer ce qu’on appelle un clonus, c’est-à-dire une myoclonie. Vous avez tous, de temps en temps, un muscle qui s’amuse à jouer dans la face. Le jour où c’est la paupière supérieure qui commence à danser, ça veut dire que vous n’avez pas envie de voir, mais vous n’osez pas vous en persuader. Tant que c’est la face qui chante, qui joue comme ça, ce n’est pas gênant. Mais le jour où vous commencez à non plus accueillir l’oeil, mais à accueillir le muscle érythréé, c’est le bazar de tout ce qui se passe, c’est tous les liquides qui sont bougés, et vous faites un vertige de Meniere.

Un vertige de Meniere, c’est la signature d’une connexion qui ne peut plus se faire. Le résultat, c’est que vous avez le cas de faire en l’air, ce qui n’arrange rien. Le deuxième résultat, c’est que l’oreille, pour essayer de sauvegarder un peu d’équilibre, va faire une hypertension à l’intérieur pour plaquer la patine de l’érythréé pour qu’elle ne bouge plus, mais vous êtes sourd et vous êtes inondé par le bruit intérieur. Le vertige de Meniere est une oreille qui n’est pas morte, mais elle n’entend plus dehors, elle n’entend plus que dedans, ce qui est tout de même un peu catastrophique. On sait actuellement la chance, c’est qu’on peut les rééduquer, on peut les reprendre. Un vertige de Meniere sur lequel il n’y avait rien à faire jadis est facilement récupérable et c’est sûr que le sujet s’affronte à nouveau avec sa problématique psychologique et en allant plus loin, on lui permet de faire le saut et de savoir ne pas écouter l’autre sans être obligé d’avoir les oreilles coupées.

Souvenez-vous que Van Gogh s’est coupé l’oreille complètement. C’est terminé par un pansement. Mais on peut aller plus loin, l’enfant va beaucoup plus loin. On peut couper un particule cortical et à un moment donné utiliser quelque chose qui est important. Cette énergie qui part de l’oreille, qui va vers l’intérieur et qui va transmettre envoie des stimulations. Actuellement, on sait que l’oreille apporte entre 60 et 90 % de l’énergie cérébrale.

Des stimulations. Pour qu’un cerveau fonctionne, on sait qu’il faut 3 milliards de stimulations par seconde, au moins 4,5 par jour. Et l’oreille est un des éléments qui en apporte le plus. Elle en apporte beaucoup par la verticalité qu’elle impose, c’est-à-dire la lutte anti-gravifique. Il y a donc une stimulation. Plus vous êtes tonique, plus vous êtes debout.

Plus vous êtes debout, plus vous êtes tonique. Plus vous en êtes couché, plus vous en êtes crevé. Il y a toute une dynamique à réviser. Eh bien, si on a la chance d’avoir de bonnes oreilles, on arrive donc à se tenir debout. Mais si, par hasard, on provoque un déséquilibre, ce que peut faire un autre, un enfant le fait quelquefois, en provoquant une dissociation des deux oreilles, une sorte de différence de potentiel qui va se faire, on peut avoir au niveau des thalamus un clash qui donnera l’absence. Si cette absence nous échappe, on peut avoir des crises d’épilepsie.

Un déséquilibre des deux oreilles. Si on rectifie les deux oreilles, on risque souvent de les récupérer. Voilà. En plus gros encore, ce fameux kinécylium. Il y a quelques années, on ne pensait pas qu’il existait. Mais il n’y a pas tellement longtemps.

C’est toujours grâce aux gens qui s’en vont dans l’espace qu’on a pensé. Mais voilà comment on peut le voir. On dit qu’il est un peu différent. Et ceci apporte de l’eau à mon moulin parce qu’il y a longtemps que je prétendais que l’homme était une oreille en totalité. Et on le verra tout à l’heure. C’est vrai que cet organe-là est un poil en définitive.

Eh bien, on peut sur la périphérie perdre le noyau. On peut perdre une oreille et ne conserver que le poil. Et le poil, c’est déjà une réponse, un autre usage que nous allons faire de la cellule ciliée. Si on arrive, on verra tout à l’heure, à enlever une nappe de gélatine qui se trouve au-dessus des cellules, on va trouver ces montages dans lesquels il y a le kinécylium et les autres cils qui sont autour. Voilà encore une autre image. C’est très belle.

Ceci est un microscope électronique. On voit très bien ici. Il y en a une que je montre toujours. C’est un beau tableau. C’est tellement beau que je l’ai fait agrandir pour le mettre chez moi. C’est un beau tableau abstrait.

Regardez si c’est joli. Ce sont des kinécyliums, des cils. On voit là-haut le kinécylium. Et là, il y a une couche de polysaccharoïne dans laquelle sont des petits éléments qui sont des petits cailloux. Ces petits cailloux, c’est l’équivalent de ce qu’on voit dans les lignes inférieures. C’est-à-dire que les poissons à un moment donné ont une oreille ouverte.

C’est ce qu’on appelle l’autolithe. C’est-à-dire qu’à l’intérieur, il y a des cellules comme celle-ci et un caillou qui est au-dessus. Ce caillou, en fonction de la position de l’animal, va donner de la stimulation au niveau des cils. Ces cils vont donner de la stimulation au système nerveux, ce qui va donner plus de dynamique. Si un jour vous êtes vicieux et que vous allez enlever ce petit caillou chez le poisson, vous verrez qu’il va rester immobile au fond en essayant de plonger sa tête dans le sable pour retrouver un autre caillou. Et si jamais vous le mettez dans un coin où il n’y a pas de sable, vous le verrez fabriquer lui-même à un moment donné un petit noyau de calcaire pour pouvoir réutiliser son énergie.

Ce qui va exciter ici. Il aura autant de tonus qu’il voudra. Ce qui est intéressant, si on fait une coupe à ce niveau-là, comme ceci, on voit les cellules surmontées de cils dont un cil qui est toujours plus important, c’est le cil nocilium. En grossissant beaucoup plus, ici encore un cil plus gros, et là on est entre 50 et 70 000 fois. Voilà ce que ça donne. Vous voyez qu’il y a une partie interne.

On ne connaît pas très bien les rôles de tout le système, mais le périphérie est une petite ligne, comme un poil. Et il est dominant. Pourquoi est-ce qu’il est dominant et comment ça se passe ? C’est qu’on sait maintenant que les liquides ne se déplacent pas en permanence dans toutes les directions comme on l’aurait pensé au départ. Mais il y a toujours, à un moment donné, le cil nocilium nous donnant la direction des déplacements des liquides dans le vestibule. Un poil, on le voit bien ici, c’est une insertion.

Voilà les petits autocônes, c’est-à-dire les petites concrétions de calcaire qui sont dans… Celle-ci, c’est chez le rat. Là, vous avez le cobay. Ça, c’est l’homme. Voilà le cobay. Ce qui est intéressant chez l’homme, c’est qu’on voit très bien dans l’espace, les cristaux sont dans les trois dimensions de l’espace.

Effectivement, nous pouvons toujours, en nous déplaçant, savoir où nous sommes. Et grâce, à un moment donné, de ces petites inclusions qui sont compris dans un ensemble de polisaccharoïdes qui fait que le tout est en état de gravitation. Donc, quelle que soit la position que vous prenez, ça reste toujours en place. Il n’y a pas d’influence de la gravité dessus. Voici la partie dans laquelle nous étions. Nous sommes là.

Et là, nous avons la mort des canaux semi-circulaires. Là, également, il y a des cellules. Ces cellules que voici. Elles nous donnent, à un moment donné, également, ici, une topographie des cellules qui répondent au corps. Je pense que la tête est au fond et les pieds sont là. Et ces cellules-là ont la chance, elles aussi, d’être engluées dans un grand pinceau de polisaccharoïdes et avec, également, des possibilités d’excitation par la partie haute, par le liquide qui va, à un moment donné, pousser la cupule.

Et ici, l’autolithe du saccule de l’utricule. C’est un grand pinceau. Vous voyez que les cellules sont, en fait, les mêmes. Je vous disais tout à l’heure que le liquide s’est déplacé dans certaines directions. Voilà comment il se déplace. Dans le saccule, ici, les liquides sont poussés vers l’extérieur.

Ils sont centrifuges par rapport à cet axe. Dans l’utricule, au contraire, ils sont médians. Et nous aurions ici l’entrée des canaux semi-circulaires antérieurs et externes. Et le postérieur, là, de l’autre côté au contraire, c’est de là où sont les vidanges. Il y a une circulation qui se fait. Et là, nous avons ce qui se passe dans les ampoules.

J’ai prétendu, mais je ne peux toujours pas le démontrer, bien qu’on le trouve chez certains de la gnatte, certains poissons, que les liquides dans les canaux semi-circulaires sont toujours en rotation. Et je pense que le mouvement, c’est un changement de cette rotation. C’est un organe extrêmement sensible qui va bouger tout le temps et qui va bénéficier des vascularisations. Cet organe vibre sans arrêt. Et les liquides qui sont dedans circulent tout le temps. Et chaque transformation de cette fluidité permanente fait qu’à un moment donné, il y a prise de conscience d’un mouvement, prise de conscience de l’image du corps.

Et vous avez la preuve à nez, c’est que si jamais je prenais un langage très lent et très monocorde et un peu comme on le fait à l’hypnose, eh bien, vous verrez que vous allez peu à peu peut-être m’écouter, mais en ayant presque une perte de l’image du corps. L’hypnose, c’est ça. Si je parlais comme ça tout de suite, le premier moment, je m’endormirais peut-être avant vous, mais il y a la brouille qui aurait du mal à me suivre et c’est comme ça qu’on joue. Si je provoque une rotation au niveau des canaux circulaires permanents, eh bien, il y a une déconnexion de l’image du corps qui peut se faire. Vous avez, sans doute, des DMV qui se passent quand on envoie les gens dans l’espace. Quand il y a une déconnexion, c’est difficile de remettre en route.

Et si on arrive à la déprimation sensorielle, ce qui s’est fait, si vous mettez les sujets sans mobilité de l’oreille, sans mobilité de rien, eh bien, vous arrivez à une déconnexion. La déconnexion, peut-être, si on n’est pas assez prudent, est totale. Ceux qui ont commencé les premiers à faire la déprimation sensorielle, c’était au Canada que ça s’est passé par les Européens centraux, tous ont fini à l’hôpital psychiatrique. On n’a pas su les remettre en route. Il y a une déconnexion. Au bout de quelques, deux heures, le cerveau n’a plus un modèle de simulation et les électrocéphalogrammes sont déjà aplatis.

Au bout de 20 minutes, on a déjà une réponse très forte. Personnellement, sans aller si loin, il m’est arrivé de mettre de l’eau dans les oreilles et de mettre ensuite des boules cuillères par-dessus pour que ça fasse une certaine condensation de l’eau. Rien qu’avec ça, il y a déjà l’électro qui s’aplatit en grande partie. L’expérience qui a été faite au Canada était différente. On mettait les gens dans un grand bassin pour que le sujet soit en état de gravitation, une température d’eau pour ne pas qu’il transmisse en thermique, bien étudiée, une pipette pour qu’il puisse un peu respirer et, de surcroît, des lunettes pour cacher la stimulation visuelle. Les trois qui avaient été pris à l’essai par les groupes de Stanley Jones ont fini les psychiatriques qui n’ont pas su les réveiller.

Pour les réveiller, il fallait faire à nouveau une stimulation auditive, une stimulation de la musculature, mais ils ont été en déprivation. Et c’est très important. Vous savez qu’à un moment donné, on a fait des caissons, pour faire que les gens atteignent le septième ciel, mais le nombre de suicidés qu’il y a eu a été considérable. Maintenant, les caissons existent toujours, mais on met de la musique à l’intérieur, donc c’est plus des caissons. Vous êtes mieux dans votre baignoire et en écoutant du Mozart. Mais c’est même très violent comme réaction.

Il n’y a pas tellement longtemps, deux ou trois ans, un de mes collègues, je travaillais pour d’autres raisons sur les pathologies profondes, a travaillé avec une équipe lyonnaise notamment sur le cancer. On prétend qu’il y a des éléments psychologiques qui sont dans certains et mes collègues prétendaient que peut-être en mettant les gens dans des caissons, on arriverait à les désangoisser. Au contraire, l’angoisse augmente en quantité énorme. J’ai bien demandé de faire attention de ne pas jouer là-dedans en connaissant bien les effets de la déprofession sensorielle. Il y en a eu plusieurs, dont un psychiatre, qui a dit qu’il n’y avait plus d’importance, qu’il voulait décider sur nous. Je lui ai dit de faire attention.

La semaine d’après, il était suicidé. C’est très dangereux. Vous êtes tous entrés pour des essais dans une chambre sourde. Vous ne pouvez plus rien faire. Vous êtes en état d’étouffer. C’est très très très désagréable.

Je pense que la lutte contre le bruit qu’on a envisagé fait que nous sommes devenus dans une réverbération. On est dans des pièces qui sont trop insonorisées. On a besoin d’une réverbération. On a besoin de ne pas exagérer dans ce phénomène. On a besoin de réponses acoustiques pour pouvoir être vivant en permanence. La cellule de Corti, c’est celle qui va faire marcher l’organe de Corti, que j’ai ici schématisée comme ceci.

Vous l’avez vu tout à l’heure. En gros, c’est l’organe de Corti. Si nous le regardons par l’intérieur, voici comment il se présente. Au milieu, il y a la colline dans laquelle va courir le ganglion de Corti qui va donner le nerf cochléaire, l’appareil plus spécialisé pour l’audition, pour l’analyse des sons, et vous avez ici, à un moment donné, l’ensemble de la cochlée qui est compris dans une structure osseuse dure comme de l’ivoire, qui est l’appareil osseux cochléaire. Si on regarde plus en détail cette partie-là, la voici. Nous avons en bas une cellule basale qui s’appelle la basilaire.

Vous avez ici des souliers de soutien, des cellules qui sont les cellules ciliées que nous avons vues tout à l’heure, engluées elles aussi dans un ensemble de polysécaroïdes toujours pareils avec des petites inclusions. Vous avez ici une zone extrêmement muscularisée et vous avez là une membrane très mince qui est la membrane de Reissner. Toute la mécanique de l’oreille serait liée à des liquides qui se déplaceraient en partie haute et qui, par contre réaction, feraient jouer la membrane basilaire qui exciterait l’ensemble. C’est sûrement faux. On a toujours pensé que l’oreille était faite de telle manière que le son entrait dans le pavillon, touchait le tympan, par la chaîne circulaire entrait dans l’oreille interne et là, ça se débrouille un peu comme ça veut. C’est sûrement faux.

Il y a tellement d’impossibilités qu’il faut absolument trouver une autre solution. Sans quoi on ne comprendrait pas. Cette vague ne touche que quelques cellules et nous donne tellement de précisions quand elle descend. Pour revenir à l’oreille que nous avons vue tout à l’heure, l’oreille moyenne, elle est faite, à un moment donné, pour porter les deux muscles que nous avons vu tout à l’heure, peu importe, les voilà. Le tympan, à un moment donné qui est ici, va vibrer comme une membrane, comme un diapason. Si vous faites vivre un diapason, vous n’entendez peut-être rien.

Si vous touchez à un moment donné une table, toute la table se prend en chanté. Si vous touchez un verre de cristal, il se prend en chanté. Si le tympan se met à vibrer, tout l’os du crâne se prend en chanté. Vous avez déjà tous appliqué quelque chose qui vibre sur votre crâne, ça se prend en chanté. De là, par conduction osseuse, tout est transporté à l’oreille interne. Le muscle du marteau est fait pour régler la tension tympanique et vouloir écouter ce que l’on veut.

Si le son est trop faible, la plaque qui est là, tout le tympan ne vibre pas, il n’y a que la partie basse, le tiers de la partie basse qui va vibrer, comme une membrane qui résonne. Et à ce moment-là, l’os vibrant va envoyer l’information à l’oreille interne, laquelle, grâce au muscle de l’étrier, va jouer comme un amortisseur. S’il y a trop de bruit, l’amortisseur va jouer. Et au fond, toutes les vagues que l’on avait vues, c’est cité par Béthésie notamment, qui avait défendu cette théorie-là, on excite la partie externe de l’os. Toute cette partie-là va se mettre à expenser, notamment ici, c’est cité de l’os. Et là, on a à un moment donné cette membrane qui va jouer comme une membrane de Mecque et qui va exciter les cellules extérieures puis intérieures après, mais à la fréquence près.

Autrement dit, le son va toucher la cochlée, un peu comme un parabolite de révolution qu’on enfonce dans du bruit. Les sons graves se mettent d’une part vers la partie basse, vers la partie inférieure. Vous avez à un moment donné une analyse isofréquentielle en fonction des parallèles comme celle-ci de la coupole parabolique. Et vous avez ensuite, pour augmenter la surface d’analyse, une coupure en peau d’orange de 2,5°, qui est justement ce que fait la cochlée. Il y a intersection de l’analyse isofréquentielle sur les côtés avec la rampe cochléaire qui est progressive qui est le lieu d’excitation des bruits. Une fois que vous avez cette analyse-là, si le bruit est tout faible, il va jouer ici, sur la partie externe, et on aura la perception du bruit.

S’il est plus fort, il va y avoir ici une rotation des liquides, et s’il est très très fort, au risque de faire sauter le membre sectorial qui fait des bruits trop forts, vous avez à un moment donné une excitation telle qu’il y a ici un tourbillon qui se fait, qui va donner par contre réaction un jeu sur la patine de l’étrier qui lui va amortir immédiatement le bruit pour que l’oreille ne soit pas démolie. Plus l’étrier va jouer, plus ça peut jouer. Pour ceux qui s’occupent d’oreilles, ça explique beaucoup de choses. Prenons une analyse fine, presque fréquence par fréquence, en tout cas 3 pour 1000, ce qui est énorme. Ça explique également la conduction osseuse. On a beaucoup de manières à la comprendre.

En fait, nous sommes des animaux à conduction osseuse et grâce à l’oreille moyenne, l’homme est arrivé à transformer la compétence aqueuse, aquatique, ce qu’il entendait dans l’eau au départ. Tout l’appareil est également aquatique et dans le liquide, il a le pouvoir d’adapter les impédances aériennes. Et enfin, un autre élément qui est important, ça nous permet de comprendre, en dehors de la conduction osseuse, qui prend un sens à un moment donné, nous ne sommes que des animaux à conduction osseuse, ça nous permet également de comprendre que nous avons tellement de possibilités de rééducation, de modification et également les effets de masque. Si vous faites passer un bruit très fort dans les graves, immédiatement, tout le spectre sonore que vous avez entendu disparaît. Au contraire, le son est très très fort dans les aigus mais sans grave, ça amortisse. Nous n’avons aucune explication des effets de masque si on ne passe pas par une théorie comme celle-ci.

C’est une hypothèse que je sors. Mais il est vrai que si chacun donne la sienne, on arrivera peut-être à quelque chose. En tout cas, les théories actuelles ont mis tout le monde dans une impasse et tous les élèves de Béthésie sont bloqués, notamment de Pandorf. Alors, comment ça se passe au niveau du cerveau ? Avant d’accéder au cerveau, je reprends la cellule de Corti que voici. Vous la connaissez bien.

Avec ici son noyau, ses mitochondries en masse, ses cils. Et voici déjà la destinée de cette cellule. Je vous ai dit tout à l’heure que si elle perdait les mitochondries et ne laissait que le poil, on va trouver la plume et les poils. Ce sont aussi des corps étrangers implantés. Mais si maintenant on perd le poil et qu’on conserve les mitochondries et le noyau, on va avoir tous les organes sensoriels de la peau, des muscles et des articulations. Autrement dit, l’homme, je pense, on voit ici tous les appareils sensoriels que l’on retrouve.

On verra les ondes majeures, et bien l’homme s’érige toujours comme une oreille en totalité. Il est sensible à tout et n’importe quel son va toucher non pas seulement l’oreille, mais tout le corps. Un autre élément que je vous apporte qui est considérable quant à l’oreille pour montrer l’importance qu’elle a, c’est qu’elle est le premier organe qui se termine. Ici, on a les racines motrices. Ce sont les myélisations. Quand le cerveau commence à devenir fonctionnel.

Et là, nous sommes dans la vie intra-utérine. L’oreille est terminée totalement à 4 mois et demi de la vie intra-utérine. Elle devient opérationnelle dès le cinquième mois et demi quand on naît, et l’air cérébral qui répond à l’oreille se termine à la naissance. C’est le seul organe qui soit fini. Mais tout l’appareil acoustique qui va être par là, le voilà. Il est terminé bien avant.

Alors que là, il arrive beaucoup plus tard. Les gens qui sont jeunes ici, le cerveau se termine totalement dans ses fibres associatives à 42 ans. Dès qu’on parle langage, il y a latéralité. Et latéralité, c’est un problème colossal mal défini. Tous les animaux sont pratiquement bilatéraux dès qu’ils ont marché. Mais la bilatéralité ne traîne pas pour autant d’asymétrie.

Elles ne sont asymétriques pratiquement que les mammifères. Les invertébrés sont pratiquement toujours symétriques. Voici. C’est vrai. Si on prend une anélite, par exemple, on verra qu’il n’y a pas d’asymétrie. C’est une caractéristique.

Il y a quelque chose d’encore plus remarquable. Chaque tranche, chaque métamère reproduit l’autre. Mais les animaux invertébrés qui sont asymétriques sont les bivalves. Vous avez un gandillon qui représente la tête. Ici, le pied. Et là, un gandillon viscéral.

Ils sont asymétriques. C’est le seul cas qu’on puisse trouver. Par contre, quand on regarde ici, pareil, vous avez des crustacés primitifs. Vous avez ici une chenille. On entend des animaux qui se déplacent de front. Là, l’abeille.

Et là, les vers d’eau. C’est une question importante. Quand est-ce que l’asymétrie a commencé ? Je pense qu’elle a commencé quand le cerveau a évolué, et notamment avec les reptiles. Je vous donne à peu près ici une progression. En haut, vous avez une lampe roi.

Celle-ci est la partie rhinocéphalique. C’est l’olfaction qui joue le plus, comme chez les poissons. Le cerveau n’est pas très évolué. On va voir une augmentation. Ça, c’est un squale, un requin. Là, on va arriver à la grenouille, l’alligator.

Chez l’homme, le cerveau va devenir de plus en plus complexe. On repart du bas. Voici chez l’homme. Et là, il y a la terralité. La terralité, je pense, c’est un phénomène de déplacement et de vision. Les premiers qui ont eu lieu de se déplacer ont été, à un moment donné, des animaux tels le serpent.

Un serpent a l’obligation, à un moment donné, d’avancer. Il est un peu bâti, comme nous sommes débiles. Pour avancer, il est obligé d’aller vers un objet. S’il voit cet objet, il ne peut le projeter à l’extérieur. On va prendre une vision d’un corps latéral. Ça me permettra de mieux voir.

Supposons que ce soit un oeil de serpent. Si je regarde de face, supposons que l’objet soit là, le serpent va inonder ses deux rétines de cette manière-là. On voit ici que cette partie va se projeter. On va mettre ici l’objet. On verra que tout l’objet va, à un moment donné, inonder son cerveau opposé, ou comme ici, il va inonder ici, cette partie-là, par les deux côtés, et par là, l’autre moitié de l’autre côté, et par l’opposé. Autrement dit, à ce moment-là, pour pouvoir, sur l’information qui arrive à cet uberculé qui est ici, au pulvina, dans le thalamus qui est là, il va envoyer l’information à son image cérébrale et de là, il envoie de l’information à la partie motrice qui est ici pour pouvoir se déplacer.

Autrement dit, chaque fois qu’il y a un objet, l’animal est obligé de se déplacer à l’envers de ce qu’il va faire. Automatiquement, qu’il y ait un croisement du faisceau moteur. Je ne sais pas si vous me faites bien comprendre, un animal ne peut pas avancer à la ligne droite, il a vu quelque chose, il est obligé de se déplacer comme le fait un serpent, en se tordant. Il est obligé de muscler le côté opposé de sa vision. Et là, il y a, à un moment donné, une latéralité qui se fait sur le plan musculaire. Autrement dit, tout ce qui est pratiquement moteur est toujours non latéralisé ou très peu.

Par contre, ce qui est commande est obligé d’être automatisé pour pouvoir aller vers l’objet. C’est une chose très archaïque qui va demander un tas de dressage. Mais il n’y a pas de différenciation. Quand on dit latéralité, il n’y en a point. Il y a simplement une bilatéralité asymétrique du système. Et ensuite, quand on parlera de nous, latéralité, ceci veut dire qu’immédiatement il va y avoir une directivité des deux côtés.

Au niveau de l’oreille, quand on entre dans le langage, il y a une autre latéralité qui apparaît. Le langage nous impose sa présence et fait de notre corps un ensemble de trois axes, un qui met la verticalité, l’autre qui fait la gauche-droite, et un troisième qui fait l’axe postéro-antérieur. Et à ce moment-là, on est obligé d’avoir un côté qui va se différencier. Et notamment dans le langage, c’est toujours le côté droit. L’oreille droite est directrice. Et de temps en temps, l’oreille gauche peut prendre la dominance, mais elle n’est jamais pour autant directrice.

Un des exemples que je peux vous donner, si vous prenez un gaucher aussi confirmé qu’il soit, si vous jouez sur son oreille droite, si vous lui apprenez à poser avec l’oreille droite, il va passer rapidement et il va devenir droitier. Donc il n’y a pas de gaucher. On a pensé que le cerveau était à un moment donné utilisé de côté. Il pouvait être inversé chez les gauchers. Non, il est mal utilisé chez le gaucher. Il y a une perte énorme de compensation qui se fait.

Mais si vous apprenez à un gaucher à ne percevoir que du côté droit, il va basculer et il va avoir une facilitation énorme dans son adhérence, dans sa mémoire, dans sa concentration et dans sa créativité. Un gaucher risque d’être bloqué de temps en temps à ce niveau-là et surtout dans la verbalisation. Le fait… Il y a quelques animaux. Il y en a qui sont latéralisés, notamment les canaris. Le canari est latéralisé pour chanter.

Ils sont obligés de se contrôler. Contrairement à nous, cette oreille gauche est dominante. Il prend les voix homolatérales. Il n’a pas de larynx. Il chante avec la bifurcation. Il y a la bifurcation entre les deux bronches.

Son sifflet va lui permettre de se contrôler. Mais il est obligé. Si vous le rendez sourd, il ne peut plus chanter. Et les animaux du type… la grenouille qu’on a vu tout à l’heure n’a pas de latéralité. Pourtant, elle chante.

Mais elle a, elle, une obligation, c’est de chanter à température constante. Si vous la mettez à 18 degrés, elle chante toute l’année. Mais son oreille ne lui permet pas. L’oreille est très très fragile parce qu’elle est périphérique. Alors que l’oreille humaine est très profonde, extrêmement vascularisée pour toujours avoir la même température. La grenouille est dépendante de la chaleur.

Elle chantera que l’été. Mais encore une fois, dans votre salle de bain, elle chantera toute l’année. Le langage a été situé sur le cerveau pour la première fois en 1861 par Broca. Avant lui, on pensait bien que le cerveau avait à faire quelque chose, mais ce n’était pas très bien défini. Broca a eu dans son service, c’était un jeune chirurgien d’épicêtre, et Broca, vers le 15 avril 1861, a eu une maladie qui lui est arrivée, hémiplégique, ayant perdu le langage. Mais il était hémiplégique depuis longtemps, et donc sans langage depuis longtemps.

Il n’est pas venu parce qu’il était hémiplégique, puisque lui était chirurgien, mais c’est le service de médecine qui l’avait envoyé. Il était arrivé avec un abcès, un fragment total. C’était une maladie qui n’existe plus grâce aux antibiotiques, mais enfin le bonhomme avait un abcès d’un bout à l’autre du corps, du côté droit. Ce qui a frappé Broca, qui était un clinicien fantastique, c’est que ce sujet ne souffrait pas. Donc il y avait une atteinte des faisceaux sensoriels. Côté mécanique, il n’a rien pu faire, puisque le malade est décédé trois jours après.

Mais il a eu le temps de l’examiner, et le temps surtout d’essayer de voir ce qu’il y avait sur le plan du langage. C’est étonnant que les médecins qui l’avaient vu avant n’avaient pas pensé à cela. Il a commencé de l’interroger, et il s’est rendu compte que ce bonhomme comprenait, mais qu’il était capable d’exprimer. Sauf s’il était très en colère. Il ne disait plus qu’une chose, il disait le nom de Dieu, le nom de Dieu, il ne savait pas comment être en colère, c’est tout ce qu’il a pu tirer de lui. Il a ouvert son crâne.

Il a introduit l’anatomopathologie, qui n’existait pas avant lui, et il s’est rendu compte que ce sujet avait une lésion dans une zone qui était là, ici, et qui depuis lors s’appelle la zone de Broca. Il en avait vu que c’était la zone du langage. Cette zone-là a été bien plus définie. Actuellement, on la connaît bien. C’est la zone où se met, grâce à Penfield, toute cette zone-là. Les muscles du larynx, les muscles de la langue, tous les muscles de la face dans lesquels il y a les deux muscles de l’oreille, un cheval, le pouce index de la main droite, les autres doigts, ici vous avez le bras, ici vous avez le tronc, et derrière la jambe.

Toute la partie de commande musculaire se trouve à ce niveau-là. Encore une fois, il n’y a pas de réflexion sur notre cerveau, alors que Broca a essayé de penser que la lésion devait se trouver du côté gauche, et il a pensé au système croisé. Ce n’est pas vieux, au fond. Son idée, à lui, c’est d’essayer de trouver un gaucher qui présenterait l’image de l’autre côté. Et toute sa vie, il a cherché. En 1963, il a publié d’autres cas, cinq cas complémentaires, et en 1965, huit cas complémentaires.

Ça a soulevé, à un moment donné, tout un orage. Parce que depuis une centaine d’années, pas tout à fait, 70 ans, il n’y a pas de réflexion intelligente dans le cerveau. Surtout depuis 1808, Gall avait parlé du langage, notamment des bosses sur le crâne, parce que vous vous souvenez de la phrenologie. Gall est un autrichien qui avait trouvé que le crâne avait des localisations dans le cerveau, mais était peut-être un peu abusif en trouvant que la rivière était une certaine zone, et il ne reste plus de lui que la bosse des mathématiques, si vous voulez. En pensant qu’à un moment donné, ce qui était à l’intérieur devait jouer sur l’extérieur. C’est intéressant, si un jour vous avez la chance de trouver les cerveaux de Gall, il faut les lire.

Il était lisible, parce qu’il a tout trouvé, mais il a toujours trouvé des choses qui sont assez drôles. Et je crois qu’il pense avoir tout trouvé parce qu’il cache ses sources. Les anciens, dans la philosophie mauséenne, savaient déjà reconnaître un crâne, savaient déjà connaître les tendances, il y a 7000 ans tout de même, et donc je pense qu’il a trouvé les sources là, mais qu’il les a occultées. Ce qui est intéressant, par exemple, c’est que tous les hommes de chanteurs ont une arête ici très très forte dans cet angle-là, au sud orbitaire. Chez tous les grands musiciens, vous avez la même arête. Il a fait un tas de rapports comme ceux-là qui sont toujours amusants à voir, ça a existé.

On m’a toujours dit que tout le monde était en France en train de se battre, parce qu’il a été chassé à un moment donné d’Autriche à cause de ses idées. Il est venu en France, et il a mis l’expression de Berdier qui avait apporté cette solution, et un très très grand médecin qui avait pu lui vendre ce qu’il faisait qui s’appelait Bouillaud à l’époque, Bouillaud a pensé que c’était une idée géniale et il a voulu le défendre. Bouillaud a failli perdre sa place, tout le monde se battait, et jusqu’au moment où Broca a sorti cette affaire qui a tout ressorti. Ça n’a pas été tout cuit. Immédiatement, il y avait Trousseau qui à l’époque était le grand médecin de même niveau que Broca, et ce qu’il avait appelé la phénie, non pas la phasie. Il trouvait que le nom était impropre et il l’a donc appelé la phasie.

Pour lui, ce n’était pas une maladie mécanique, c’était une maladie essentiellement d’intelligence atteinte. Pour lui, c’était quelqu’un qui avait perdu l’intelligence et qui ne s’exprimait plus. Jusqu’à présent, les gens se battent pour savoir si c’est mécanique ou pas, on en est un peu toujours là. Les suivants de Trousseau, c’était notamment Fleury, Hock, et surtout Finkenburg, qui se disent à penser que la phasie n’était qu’une maladie symbolique, c’est-à-dire que le sujet n’était plus capable d’appliquer linguistiquement le mot au symbole. Par contre, les gens qui étaient du bord de Broca, et notamment les Anglais, Chaston Bastien, Chaston Bastien était un homme fantastique qui a découvert tout ce qui était dans le cerveau sans jamais en ouvrir un seul. Rien que par la clinique, il est arrivé à voir que c’était les zones qui avaient là une zone très importante, ici, sous-jacente, c’était la zone sur laquelle devait se projeter la mémoire auditive.

Et il en a fait même plus qu’à la mémoire auditive, il en a fait la zone de la mémoire nominative. Autrement dit, rien ne pouvait être dénommé, rien ne peut être retenu qui ne passe par cette zone-là. Plus tard, on est arrivé un peu plus loin, en sachant qu’il y avait trois zones, une qui est centrale, c’est ici, une autre, où on reconnaît les zones, il faut déjà qu’elles aient été engrangées, et une troisième, ici, beaucoup plus importante, c’est volontairement rouge, motrice, ici, c’est la zone de réserve des mots. Cette réserve des mots est intéressante parce que cette zone-là va se projeter sous tout le corps. La mémoire n’est pas dans le cerveau, elle est dans tout le corps, mais à l’époque, on n’en savait rien. Chaque fois que vous mettez quelque chose, chaque fois que vous associez au langage un mouvement, vous le sentez considérablement.

Il y a une jonction totale de tout le corps. Et une chose qui est intéressante aussi, dans cette zone-là, je la reprends. Si vous lisez les anciens, vous verrez qu’en Aristote, vous vous trouvez après Cicéron, quand il donne toutes les clés pour bien parler, toutes les clés pour être à l’aise, il montre tout le temps le mouvement qu’il faut faire avec la main, la main droite, mais la gauche, vous avez à un moment donné toujours une symbolique qui va s’associer, et pour Cicéron, ce n’est pas pensable qu’un sujet parle à rien, un papier à la main. Il fallait absolument qu’il ait tout intégré et il montre bien qu’à un moment donné, même ce qu’il appelle le vultus, le vultus qui est la mobilité de tout le visage. Il faut que le visage ait à un moment donné toute une approche. Nous, nous ne faisons que ça.

Quand on regarde comment un sujet va parler, on regarde quelle oreille il nous offre, comment on va jouter avec lui avec son oreille droite, et quel est le côté du visage qui va jouer. Vous savez que les bons parleurs parlent avec le côté droit. Vous avez tous deux oreilles, deux yeux et deux trous de nez, mais vous avez deux bouches, si vous risquez d’avoir oublié. Eh bien, les bons parleurs parlent avec l’oreille. La bouche droite, alors que les mauvais parleurs vont passer de l’autre côté. Et quand vous hésitez, eh bien, vous cafouillez entre les deux, d’où les éléments qui apparaissent ou d’où, à un moment donné, les difficultés.

Et autre chose qui est importante, c’est si cette donne-là mêle à la face, vous voyez, le pouce et l’index de la main droite. Et quand vous voudrez parler, quand vous voudrez, à un moment donné, augmenter votre voix, votre potentiel, quand vous devez retenir des choses, lisez en mettant la main là comme si il y avait un microphone. Votre voix va s’allumer. Les lèvres s’allongent un tout petit peu. C’est justement une contre-réaction et une mémoire qui augmente considérablement. Chaque fois que vous allez apprendre quelque chose, dites-le deux ou trois fois à voix haute et vous l’aurez engrangé.

Ce n’est pas un phénomène de réverbération. Si vous mettez la main gauche, ça ne marche pas. Au contraire, c’est pire. Si vous mettez un gant, ça ne marche pas. C’est vraiment un phénomène de réflexe cutané, sans sargues. Autre chose qui est importante aussi, nous avons une zone minuscule qui est la zone du tronc.

Nous avons une notion énorme de la face, une notion énorme du visage, du pouce, le chat index, c’est important, c’est toute l’écriture. Nous avons le bras qui est bien informé, mais le dos, si je demandais à chacun ici de dessiner son dos, eh bien, ça fait longtemps que vous vivez avec, est-ce que vous êtes capable de vous voir de dos ? Le dos, on ne sait pas. On n’a pas de référence. Les hommes vont faire du yoga, les enfants de la gymnastique, ils vont faire n’importe quoi, mais tout le monde a mal au dos à cause de ça. On ne sait pas comment le gérer, cette information-là.

Je peux vous en donner une idée, si vous voulez, pour pouvoir le gérer, c’est facile. Ce qui tient les deux épaules, c’est toute la musculature qui s’en va accrocher à un moment donné en partie basse vers le sacrum. Vous avez tous les dorsaux qui vont tenir comme ça. Il y a une sorte de triangle qui fait qu’à un moment donné, si vous pensez déjà à ce triangle-là, vous serez assez droit. Vous aurez déjà la chance d’avoir une notion de l’arrière. Un deuxième triangle qui fait que les deux hanches qui sont ici, eh bien, souvenez-vous qu’elles sont tenues par toute une musculature qui va s’accrocher à un moment donné à la protubérance occipitale.

L’intervention de ces deux triangles, qui est quelque chose de symbolique très fort, eh bien, nous montre justement qu’il y a à un moment donné une intégration d’une image en soi, et votre dos risque de bien s’éteindre. Le vert, 3263-54, des élèves également, il y a donc Chaston-Bastien, et puis après, les Allemands, Kussmaul et Wernicke. Wernicke a trouvé que cette zone était la zone de la surdité. Au fond, maintenant qu’on a plus de recul, on sait qu’il y a autant de problèmes d’aphasie que de cas et que d’individus, c’est beaucoup plus complexe. Et là, on regardait les zones, jadis en surface, maintenant on sait qu’il y a des zones sous-corticales il y a tous les niveaux, on peut avoir 1000 formes de difficultés. Par contre, et là je réponds à des questions qui m’ont été posées, on m’a demandé si on avait une action sur des choses là.

Eh bien, un cerveau est propriétaire de 15 milliards de cellules. Ces 15 milliards de cellules, chacune d’elles, paraît-il, grâce à ces chaînes d’ADN, serait capable d’intégrer l’univers. Vous voyez ce que nous avons amassé, 15 milliards de cellules, pas grand-chose. Ce qui veut dire qu’on n’utilise pas du tout notre potentiel en totalité. Quand il y a un accident comme une aphasie, eh bien, on pourrait croire qu’à un moment donné, en fonction de la clinique, la moitié du cerveau est perdue. Effectivement, il y a la moitié du corps qui ne bouge plus, il y a le langage qui est parti, et on pourrait croire que tout s’intervient.

Quand vous les réactivez, quand vous les mettez en route, eh bien, vous avez des surprises. On est arrivé de voir beaucoup de l’hémiplégique, et jadis on en voyait beaucoup parce que les hôpitaux ne s’en occupaient pas. Maintenant, ils s’en sont occupés depuis une vingtaine d’années, en ne faisant pas grand-chose, on les retrouve à nouveau dans la nature, et nous avons une énorme action. Quand on met en route un aphasie, quelque bloc qui soit hémiplégique avec des contractures énormes, première chose, la musculature reprend sa route avec des douleurs de réhabitants, on réhabite ce corps, et on voit les yeux repartir, et il va rester quelque chose. Il reste une lésion, mais vraiment la lésion définitive. C’est peut-être une lésion qui est là, peut-être une autre qui est ici, mais tout le reste se récupère.

Je pense que quand il y a un orage cérébral aussi fort que celui d’une hémiplégie, et bien c’est vrai que le corps reste figé, c’est vrai qu’il y a quelque chose, mais c’est vrai qu’il y a une révolution quelque part, mais tout le reste reste figé. Si il y avait la révolution nommée à Paris, même à Marseille on serait sans doute à un moment donné un peu sidérés. Et bien c’est pareil, si on remet en route tout ce qui a été figé, on voit repartir tous les systèmes, et on peut avoir souvent des récupérations, même sur le plan du langage. Il y a des choses qui sont occultes, il y a des choses qui ne se prononceront jamais, mais il y a des interventions sur le plan psychologique, et plus j’avance, je suis persuadé que l’aphasie notamment, est un problème de psychologie. Le pauvre Broca, a été victime de sa découverte, puisque les gens en ont eu de 16, notamment Pierre-Marie, et que de lui trouver qu’il avait tort, et ce cerveau de Brableborn, celui que je vous avais dit tout à l’heure, son premier patient, a été à un moment donné déposé à la faculté de médecine, il a été à un moment donné ressorti de son bocal, coupé en petites rondelles, pour montrer que Broca avait tort. Le pauvre Broca, elle est morte.

Ça ne sert à rien d’avoir des découvertes de ce type-là. Mais, toujours est-il, et pourtant quelqu’un avait essayé de mettre des gens d’accord, et vous verrez dans le langage, ça court. C’est un dénommé Bayargé. Bayargé, alors que tout le monde s’est batté, Trousseau d’un côté, et le brave Broca de l’autre, à la Société d’anthropologie, et à l’école d’anthropologie, il y a eu la chair de Broca. Je vous donne un détail que j’ai vécu, et un jour j’ai traité, dans ce cours, et j’avais un amphithéâtre très réduit, c’est quand même très spécialisé, et j’ai traité de la droite et de la gauche. Et j’ai eu un amphithéâtre plein.

J’ai bombé un peu le thorax, j’ai pensé que c’était lié à ma notorieté, et puis à la fin, quand je posais des questions, on ne me posait que des questions politiques, je ne comprenais strictement rien, et moi je n’avais pas l’idée que j’avais pu soulever une épine pareille. Et ce qui est le plus drôle, c’est qu’on est venu se faire soigner, donc j’avais une certaine résonance. Eh bien, Bayerger a lâché ceci d’extraordinaire. Il a essayé de montrer que Trousseau, qui prétendait que l’homme était moins intelligent, et qu’il avait donc un peu la possibilité de parler, que Broca était essentiellement un mécaniste, avec Wernicke et compagnie, eh bien, entre les deux, il a essayé de montrer qu’ils avaient tous les deux tort, mais tous les deux raison. Mais tous les deux n’avaient pas des positions extrêmes, c’est bien qu’ils ne pouvaient pas s’entendre. Mais il parlait d’une chose, en disant que chaque animal humain part à un moment donné, les automatise, et va aller jusqu’à des consciences de plus en plus élaborées de gestes.

Et de même qu’il part des mémoires archaïques, il va aller vers des mémoires de plus en plus récentes. Et à un moment donné, s’il y avait un accident, un incident, il y avait régression du phénomène. Et le brave Bayerger, on l’a pris de sa soie, personne ne l’a écouté. C’est drôle, c’est que vingt ans plus tard, Jackson, qui est le maître de la psychiatrie moderne, Jackson, pendant vingt ans, a essayé de parler de la même chose, il a fallu attendre 1913 pour que Head et Pick commencent à parler des phénomènes et montrer ce qu’est la régression. La régression, c’est quelqu’un qui à un moment donné perd ses fonctions et retombe dans les automatismes, ce que fait souvent certains psychiatriques ou les malheureux que l’on voit maintenant bourrés de produits comme des automates, parce qu’ils prennent un tel produit qui les déconnecte en totalité, le cerveau ne marche plus, il se devient des bons anthropoïdes, un peu améliorés, mais qui gardent plus. Et à un moment donné, il est ambulant, le langage va se mettre ici, avec ceci.

On va reprendre cette zone-là en l’amplifiant un peu. Nous avons donc trois zones. Ici, la zone où les sons arrivent. Ici, une deuxième zone qui est celle de la reconnaissance des sons. Et là, celle de la mémoire. Mémoire nominative qui a ceci de particulier.

C’est que la partie antérieure ici est prétendue être la mémoire de la musique. Personnellement, je pense que toute l’ère est celle de la musique. Mais on a voulu dissocier, et on veut toujours, dissocier la musique du langage. Or, chaque langage, c’est une musique. Et il y a tellement d’informations qui sont passées là-dedans, que lorsqu’on stimule ces régions-là, c’est sûr qu’on sort des mots. Mais cette zone n’a pas encore tout envahi, c’est pour ça qu’on sort un peu de musique à ce niveau-là.

Mais en dessous, c’est sûr qu’un mot, c’est déjà une musique. C’est si fort une musique, si vous prenez un mot anglais, par exemple, dans cette tonalité, il y a déjà toute la langue. La phrase anglaise est déjà dedans. Il y a tout un système de développement. Chaque langue va, à un moment donné, détélescoper des choses qui sont déjà intégrées. Comment est-ce que nous faisons, nous, pour essayer d’intégrer les langues ?

Eh bien, il y a deux moyens. Premièrement, de connaître les différentes utilisations d’une oreille. Une oreille a trois possibilités. Elle a 11 octaves, en tout, de 16 périodes à 16 minutes, en gros. Petit détail que je vous donne, puisque vous êtes dans l’aviation, que j’ai été avant vous, je suis le plus aîné. J’avais aux arsenaux un aide de laboratoire qui était exceptionnel.

Il entendait jusqu’à 27 000 périodes. Il se croyait quelqu’un. Et il était d’autant plus curieux qu’il me remplaçait tous mes appareils d’analyse parce qu’il me disait, tiens, voilà 12 042 qui viennent sortir. Ah, c’est un signe de 44. Il était un peu casse-pieds. Mais il était musicien comme une poêle à frire.

C’est intéressant, il avait une oreille plus qu’absolue, plus amusicale. Autrement dit, la musique, c’est autre chose. La musique, ça n’a rien à voir avec la possibilité de l’oreille dite absolue. Je vois beaucoup de gens qui souffrent et qui vont se faire soigner dans tous les coins du monde pour avoir l’oreille absolue. Ça ne sert à rien. Dans le langage, ça ne sert non plus à rien.

L’oreille absolue, quelqu’un qui est musicien, tant mieux, il sait si tout démarre. Mais ce qui est important pour être musicien, c’est l’accord. En linguistique, c’est intéressant. Chaque phonème est un accord. Ce sont des accords plaqués qui font qu’on connaît d’où la musique de chaque langue. Chaque langue se caractérise par une bande passante.

Les Slaves ont 11 octaves à leur disposition. C’est donc avec un même cerveau, avec leurs 15 milliards, avec la même intelligence, qu’ils ont la chance d’avoir un diaphragme très ouvert et d’intégrer tous les phonèmes qui leur arrivent. Ils ont une autre chance, c’est que pour se mettre à l’écoute, qui exige un temps de latence, quand je me mets à écouter, je suis obligé de tendre l’oreille. Il n’y a plus que du marteau, il y a tout un système qui n’est pas le même dans tous les lieux du monde. Et je pense qu’il y a peut-être un phénomène qui doit être, lui, génétique. Les temps peuvent varier de 5 millisecondes à 175 millisecondes.

Les plus longs que j’ai vus, ce sont 7 Slaves, ils ont 175 millisecondes plus 11 octaves. C’est-à-dire qu’ils ont tout le temps de faire l’analyse. Plus on a du temps pour analyser et plus le Stade est ouvert, plus on peut aller loin. Par contre, un Espagnol qui n’a que des octaves en partie basse, qui a, de surcroît, un temps très très court de 5 millisecondes, eh bien, il n’a pas le temps de faire beaucoup d’analyse. Tout est sifflant, tu ne peux pas se souvenir. Si vous prenez une sifflante espagnole, elle est très alourdie.

Ils ont du mal à l’apercevoir. Et si vous prenez, par exemple, des mots comme, je prends toujours ça parce qu’ils sont faciles à faire, prenez le mot fig. Regardez comment, en français, on le prononce. Fig, c’est très long. Le i est long. Le gue est long.

Le f est long. Si je le prononce en anglais, c’est que là, dans les aigus, il part de 2000 jusqu’à 15 000, mais avec un temps de latence très court. Donc, c’est un f qui passe ici. Les f passent là. Le f, le gue, le che passe à partir d’ici. Et l’anglais va tout faire distonguer, tout vers les aigus tout le temps.

Si vous prenez, donc, le mot fig, on va l’entendre fig. Le f est très court et tout est abrasé. Si vous avez un Espagnol qui n’entend que dans ces zones, eh bien, celui-ci, il disparaît. Il sait qu’il y a eu une sifflante. Et il va vous sortir un h. Un fils.

À un moment donné, un déplacement du système. Et il ne peut pas le faire. Un autre élément, vous prenez un mot français. Celui-là aussi est facile à faire en laboratoire. Vous prenez le mot tonnel. Tonnel en français.

Si vous le passez dans un filtre en anglais, le t va devenir presque sifflant. Je ne sais pas si vous avez dans l’oreille des Canadiens, quand ils parlent français, ils sifflent. Une tonnelle. Eh bien, eux, ils finiront par dire tuner. Parce que le o, ça déforme à force de la pression sur le t. Et quand vous le faites passer à l’envers, à peu près sûrement, vous allez trouver le mot tunnel.

Deux, trois fois sur cent, on retrouve tonnel. Le mot tonnel est un mot qui est passé en anglais et qui nous est revenu. Avec cette approche-là, on comprend très bien toutes les mutations linguistiques. Les mutations consonantiques. Les mutations consonantiques ont été examinées en 1922 par Grimm. Elles avaient été découvertes en 1914 par Rask et Bradford en 1818.

Mais ils avaient écrit ces deux-là en danois, donc personnalisés. On a découvert qu’ils n’avaient pas d’angleterre 50 ans plus tard. En fait, ce sont les lois de Grimm. Mais les lois de Grimm sont inexplicables. Comment est-ce qu’un p devient un t ou un d ? Comment est-ce qu’on vient là avec les filtres ?

Eh bien, on a des différences. Qu’est-ce qui mobilise les filtres ? Il y a seulement un facteur génétique. Le plus fort que le filtre, c’est le lieu d’impédance acoustique des coins du monde. Vous qui allez vous balader, puisque maintenant je le ferai dans l’espace, eh bien, si vous allez vous balader à Marseille, vous n’aurez pas la même atmosphère auditive, acoustique que vous aurez à la suite d’Espagne ou que vous aurez en Angleterre. C’est facile de parler anglais en Angleterre, plus difficile de parler au sud d’Espagne.

Il y a le milieu qui nous permet de vous joindre. Bien sûr, mon larynx est votre oreille. Mais c’est surtout l’air entre nous deux. Si j’avais, à un moment donné, il n’y a pas d’air, j’aurais du mal à passer. Mais si on assourdissait la pièce un peu plus, vous auriez plus de mal à tendre l’oreille et il y aurait déjà une déconnexion et ma voix aurait beaucoup de mal à passer. Si vous entrez dans une chambre réverbérante, vous avez plus envie de chanter.

Dans votre salle de bain, c’est plus un romance. À un moment donné, la réverbération va jouer de ce côté-là. Le phénomène acoustique est d’autant plus marquant que les sons ne nous reviennent que difficilement. Il nous faut une richesse dans les aigus ici, pour avoir à peu près le contrôle de ce que nous disons. Si nous partons en partie basse, on a beaucoup plus de mal. Vous savez que quand vous parlez, vous lâchez dans la nature des sons dont le spectre est assez large.

Tous les aigus s’en vont en ligne droite. Les médiums partent un peu sur les côtés et vous en recevez que les graves. Ce qui veut dire que premièrement, à mesure que vous parlez, si vous parlez mal, vous vous rendez sourd. Si nous perdons la notion des aigus, vous n’écoutez que les graves. Si vous n’écoutez pas votre voix, c’est parce que subitement, vous avez coupé les graves qui vont sur les côtés et vous n’entendez que les aigus. Il y a une voix que l’on trouve toujours un peu nasarde, nasillarde.

Et puis ensuite, ça vous explique aussi que dans une pièce révérende, vous avez plus de tonne, et vous avez envie de chanter. Voilà, je vous remercie pour votre écoute. Je ne crois pas qu’elle soit entièrement génétique. Mais vous n’empêcherez pas les lieux du monde de changer. Le babylisme est obligatoire. L’espéranto et votre histoire, c’est zéro.

Et ils m’envoient souvent une bande. Je leur réponds, très bien, mais vous venez de Roumanie. L’espéranto n’est déjà plus le même. Lors du Concile, tous les bénédictins du monde, quand on leur a demandé quelle langue ils comprenaient, pour communiquer, ils ont dit, nous, ça nous est égal, on parle latin. Quand ils se sont trouvés à Rome, personne ne se comprenait. Le latin parlait un allemand ou parlait un parrain américain, ce sont des langues différentes.

C’est ce qui arrive à l’anglais maintenant. Prenez un japonais qui parle anglais, et vous serez sur une autre planète. Il y a des difficultés, mais on ne peut pas faire qu’une langue reste. L’américain qui est parti en Amérique, et comme le français qui est parti en Amérique, si on en fait l’analyse, si on arrive à écriter tout, on va trouver la même modulation que l’indien qui était là avant. Je pense que c’est une influence énorme. Tout à l’heure, je vous avais parlé des muscles et des trillis.

La tension des trillis n’est pas la même. L’anglais, donc cette oreille, a une oreille plus médiane. Il y a des avantages sur ça, les Amérindiens, ils ont un visage beaucoup plus large. La deuxième génération d’Américains ils prennent le même visage, la même allure. Si vous tirez fort à largeur, le visage change. Tous les autres de la face sont extrêmement mobiles.

La nature est surabondante, notamment l’oreille interne. Elle a beaucoup plus de cellules que l’on aura plus tard. Par contre, l’oreille exigera que vous fassiez très attention. Dans l’oreille interne, nous avons 15 milliards de cellules au départ. Nous n’avons que quelques cellules dans les graves. Si un jour vous chantez, vous n’entrez pas toujours très juste dans les graves.

C’est difficile d’apercevoir. Nous n’avons que 100 cellules. Dans les médiums, on en a 500. Et dans les aigus, on en a 24 000. Malheureusement, dès que vous faites du bruit, c’est là que vous cassez tout. Si vous apercevez bien les aigus, vous avez la chance d’avoir la verticalité.

Ce qui vous donne du tenu, c’est tout. Il y a des gens malheureux qui n’utilisent plus cette zone. Vous mettez quelqu’un à la traite de manière prématurée, il ne parle plus, il manque plus la communication, il a très rapidement les oreilles comme des chanches, et il perd son potentiel. Mais si il n’a plus son oreille, il ne va plus stimuler son cerveau. Le cerveau, regardez ce qu’il s’allume. Il s’allume depuis le départ.

Il va extrêmement vite. Si on sait l’utiliser, lire à haute voix, faire ce que je vous disais, si on asperge ça, il y a qu’il perd du poids. Il perd 200 grammes entre 40 et 60 ans. Il ne faut pas s’attrister. Mais si on utilise ce qu’il reste, ce n’est pas trop mal. Si vous formulez toujours à haute voix ce que vous avez à apprendre, vous aurez autant de mémoire que vous voudrez.

Mais il faut toujours avoir le courage d’écrire à haute voix. Actuellement, on fabrique des bataillons de gens qui n’auront pas d’oreilles. On oblige les gens à lire en silence d’emblée. C’est absolument aberrant. Ils n’utilisent pas cette zone et n’auront pas la chance d’engranger beaucoup de choses. Ils seront fatigués et fatigables.

Un inconvénient, c’est que le mot « lire » vient de « léguerrer » en latin. C’est-à-dire faire la moisson par les oreilles. Les anciens savaient tout. Lire, c’est obligatoirement à haute voix. Dès l’instant où vous commencez, tout ne vaut pas la peine d’être lu. Quand vous lisez un livre, c’est pas la peine de le retenir.

Dès que vous avez un propos à retenir, vous le dites à haute voix. Ce que nous faisons, c’est de le dire en silence pour aller vite. Mais chaque fois qu’ils ont quelque chose à retenir, on demande de se le dire à haute voix. Ils le disent une fois ou deux, et c’est engrangé. C’est mieux de le mettre dans son cerveau que dans un fichier qu’on ne regarde jamais. C’est le maintenir, ça ne se dégrade pas.

Une chose qui est intéressante, on a pensé que la mémoire s’en allait, ce qui est vrai apparemment, mais ce ne sont jamais les zones de mémoire qui s’en vont, ce sont les connexions qui vont d’un centre à l’autre, on peut même les photographier. Le CNRS a sorti quelque chose de passionnant. On voit quelqu’un qui recommence, on voit les fibres qui reflètent, les connexions qui se refont. Nous refaisons les connexions. Donc à tout moment, il faut tout de même se mettre en route. Ça demande beaucoup de courage.

Il faut beaucoup de courage pour écouter, mais il en faut beaucoup pour être heureux. C’est dramatique, c’est absolument dramatique. C’est encore pire que la boucle qui laisse. C’est pire que la drogue. Elle n’a pas plusieurs raisons. Le muscle délétrier est un petit muscle fragile.

Si on met un Walkman sur la tête, qui a de mauvaises courbes d’abord, si on voulait avoir un écouteur qui aille avec la bonne courbe de l’oreille, ça coûterait plus cher que l’engin, que le Walkman. Deuxièmement, on peut l’écouter un peu, mais pas tout le temps. On a des malheureux enfants qui l’écoutent de plus en plus fort, à un moment donné, ils deviennent de plus en plus sourds. Le tiers des jeunes qui se présentent au conseil de révision sont sourds. C’est énorme. Il n’y a rien à faire.

Ils ont laissé cette zone-là, c’est irrécupérable. Ils écoutent 5, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 heures. La télévision, également, passe dans des zones très mauvaises. Si on écoute trop longtemps la télévision, on rentre dans le range de la télévision et c’est mauvais. Le français, bien sûr, le son fondamental est toujours en bas. C’est en dessous vers 300.

Le français a une bande passante entre 1000 et 2000. L’anglais a également la bande en bas. C’est toujours le laryngé qui fait tout. Mais il va tirer à partir de 2000. Il va donc tout distinguer. Plus une langue est proche du son laryngé, plus elle reste ce qu’elle était.

L’espagnol, vous pouvez lire sa vente. Vous savez l’espagnol. Il n’y a pas de changement, presque. Si vous lisez l’anglais, vous allez prendre un bon dictionnaire. Et comme nous, nous faisons, nous prenons déjà la chanson de Roland. Il y a un changement énorme qui se fait.

Il y a une glissade. L’espagnol est resté avec son langage. Il a 45 000 mots. L’espagnol en a 65 000. Le français a 35 000. Il y a 360 000 en anglais.

L’anglais va absorber les mots jusqu’à l’imprononçable. Quand il vous les dit, il va pomper ailleurs et il est obligé de se renouveler. A 15 000. Les sifflants vont jusqu’à 15 000. C’est la seule. Par contre, il y a une chose qui est intéressante.

Cette zone-là, pour vous dire à quel point il faut lire en haute voix, elle peut être de plus en plus forte en guérissant. C’est que si vous mettez une excitation sur le cerveau, ça a été fait également pendant que les gens se battaient avec, pour savoir, les zones cérébrales envers 1870, qui ont trouvé ce phénomène. J’ai trouvé géniaux au départ. Mais après, j’ai su ce qu’ils faisaient. J’étais un peu plus irrité par ce qu’ils avaient fait. Mais enfin, ils avaient pris des cerveaux.

Ils avaient pris des prisonniers d’Agathe. J’ai appris ça plus tard. Ce qu’ils avaient fait, c’est intéressant, ils excitaient le cerveau avec quelques microvolts. Et tout le cerveau est inondé par ces microvolts. Ça passe partout, sauf cette zone-là. Et si on veut passer d’une zone à l’autre, si on fait une coupe ici, on va voir le bord du cerveau avec chaque fois trois étages.

Ces trois étages exigent beaucoup d’intensité pour passer d’une à l’autre. C’est pour ça qu’il faut lire vraiment très fort. Il faut vraiment tendre l’oreille. Pour répondre également à votre question tout à l’heure, la chance, c’est que nous sachions refaire travailler l’oreille comme elle était dans l’utérus. C’est là où elle est plus ouverte, c’est là où ça marche plus fort, c’est là où c’est plus facile. C’est là où on a le foetus.

Et si on redonne aux gens l’audition fétale, tout repart et on met beaucoup de choses en route. Ce qui est drôle, quand vous prenez l’audition fétale dans les langues, on fait entendre quelqu’un comme il aurait entendu s’il était à l’état fétal ou de l’anglais ou du reste. On va voir que la langue se caractérise par des top top top et ou top top top ça dépend des langues. C’est un peu comme du morse. Ce n’est pas le même morse en anglais, en français ou autre. Et quand vous faites passer ça pendant un certain temps, il n’a pas encore la langue, mais il a intégré la musique de la langue.

Une fois qu’il est habitué au bout de tout, ça ne dure qu’un jour, ça va être extrêmement vite pour être sensibilisé. Ensuite on lui passe l’audition en défilant de plus en plus et il se trouve avec des mots qu’il sait décoder. Même s’il ne comprend pas, il a la chance de voir les cadences, les mots qui suivent et tout. S’il a un bagage avant, il décode tout. Surtout quand il s’en a parlé, il parle comme l’anglais ou l’américain, quand on voit des gens qui sont obligés de plus en plus de partir pour l’étranger. Ils sont venus faire des stages, mais avec un gros bagage.

Ce sont des techniciens qui vivent bien la langue. On leur parle, ils sont morts. Mais quand ils reviennent après leur stage, ils viennent toujours me dire qu’ils sont satisfaits, qu’ils ont pu parler la langue et la réceptionner. Le japonais est une raie qui est limitée. Il est limité ici et qui demande une autre image corporelle totale. C’est une image en largeur, quand on voit leur visage.

Un japonais va bouger son corps tout le temps autrement. Il parle tout le temps comme ça. Et il marche comme ça. Dans toute une image corporelle, le parler japonais, c’est la dynamique japonaise. Si vous passez avec des filtres, vous trouvez immédiatement une contradiction, non pas par la cochlée, mais par le vestibule. Chaque fois qu’on donne, c’est le vestibule qui réagit pour donner l’image du corps à la japonaise.

C’est une pente ascendante qui est très accrochée au nez. C’est en permanence. Le chinois et le viet. Il y a 16 tons dans le viet. Il y en a entre 5 et 9 dans le chinois. Mais en déconsensibilisant, c’est la même chose.

L’oreille est capable de tout entendre. J’ai eu la chance de vivre quelque chose. Il faut comprendre ce qui doit se passer. J’ai eu la chance de voir beaucoup de portugais. Je ne comprenais pas le portugais il y a quelques années. Et j’ai travaillé beaucoup avec des linguistes portugais.

Notamment un de mes barbosses qui travaillait chez moi et qui était le lecteur à la cateau. Et quand il est parti ensuite pour Mozambique, au lieu de m’écrire, il m’a envoyé des cassettes. C’était difficile pour moi de les décoder. Et je faisais passer ces cassettes dans des courbes en espagnol. Et je décodais exactement tout. Le portugais, c’est l’espagnol parlé avec une oreille de russe.

Ils ont 11 octaves d’ouvert. Vous avez une oreille très ouverte chez les catalans. Les catalans apprennent très bien le portugais. Eh oui. Par contre, quand un russe entend parler du portugais, il s’arrête. Ce n’est pas la même langue.

Et vice versa. C’est difficile de voir avec quelle facilité les portugais apprennent les langues. C’est très difficile de la celle de Heinz. Mais je peux vous donner une clé si ça vous amuse. Ce n’est pas moi qui vous l’apporte, c’est Caruso. Caruso, qui a eu la voix d’or qu’on peut imaginer, qui est fabuleuse à travers les enregistrements qui ont été faits par de mauvais enregistrements de l’époque.

Eh bien, je n’ai jamais trouvé de chanteur qui monte plus haut que sa voix, malgré les enregistrements de l’époque. Caruso était un bariton à timbre ténoral qui avait la chance à un moment donné d’être engagé partout. Mais il ne pouvait pas sortir d’Italie pratiquement parce qu’il n’avait pas du tout dans la voix. C’était un bariton, mais il montait jusqu’à si bémol, si naturel. Et quand il est arrivé à monter enfin sur la scène, il est arrivé parce qu’il a forcé un joueur à la porte d’un théâtre napolitain où il était en train de jouer. Il y a un brave compositeur qui était en train de se fatiguer avec un ténor qui ne valait rien.

Et Caruso s’est infiltré et a lâché quelques sons dans les coulisses. Il avait des spécificités pour voir qui c’était. Or, son bonhomme c’était Puccini et ce qu’on avait essayé de faire chanter à son bonhomme c’était la vie de bohème. Quand il a entendu cette voix de Caruso, il avait même eu un procès avec son ténor qu’il avait mis à la porte et il a demandé à Caruso de chanter. Mais Caruso était obligé de dire qu’il ne pouvait pas chanter les huttes qu’il y avait dedans. Il y avait dans la bohème, si vous connaissez la partition, il y a deux huttes.

Eh bien, de la main de Puccini, ça a été transposé. C’était un spell pointé. Après avoir chanté ça, Caruso a été invité à chanter en pointant tout. Et je pense qu’il fallait savoir pourquoi on accepte ça en Italie. C’est absolument intolérable. Mais sa voix était telle qu’un beau jour, on l’a envoyé à l’Amérique pour chanter au Met.

Le contrat était fantastique. Il n’a pas osé le refuser, mais ça ne lui en est pas dû pour autant. Et pendant que les autres étaient en train de s’adorer au soleil, pendant le trajet en bateau, lui était dans sa cabine en train d’essayer de faire toutes les huttes qu’il pouvait qu’il ne donnait jamais. Je ne sais pas s’il mettait dans un oreillis qu’il n’aurait pas rangé la feuille. Mais un beau jour, toujours dans sa cabine, il était en train de déféquer quand le bateau s’est mis à sonner sa corne. Et il s’est dit, mon Dieu, c’est le moment de faire des huttes et d’essayer à pleine voix.

Et, je m’excuse de l’expression, il lâchait toutes les huttes qu’il voulait. Et il avait trouvé la neurologie des deux systèmes. Quand vous lirez vite, vous ferez pareil. Nous avons deux nerfs. Ils sont asymétriques. C’est la dixième paire crânienne.

La dixième paire crânienne, au passage, ici, l’oreille, la partie externe, ça génère le tympan et la sensibilité du muscle électrique. C’est pour ça qu’avec un mot, vous pouvez blesser tellement. Il y a des résonances énormes qui peuvent jouer sur tout. Et cette mère est très importante. A lui seul, il est pratiquement tout le parasympathique. C’est celui qui devrait marcher en parallèle et en fait, il est presque toujours en opposition.

C’est parce que son nerf est pollué dans un tas d’histoires que le sympathique ne marche plus. Il énerve par anastomose avec la neuvième paire. Il énerve la trompe de Stach et le pharynx. Quand un enfant ne veut pas aller en classe, qu’il ait quelques appréhensions, il fait une angine. Si c’est à droite, le gène à papa, à gauche, le gène à maman. Vous avez ensuite avec l’onzième paire, un enfant qui tient comme ça.

Ils ont tous une chute de vision vers le garçon au moment de la puberté. Pendant un an, il ne fait rien en classe. Il fait une chute d’une octave et sa voix va muer parce qu’il entend l’octave plus bas. Vous avez ensuite ici l’énervation sensorielle du larynx. Ce qui vous donne moins d’émotions, la boule qui monte et qui descend. Vous avez la partie motrice du larynx.

Vous avez ensuite l’ésophage, qui n’a pas une dialectique facile avec sa mère. Elle peut lui donner le biberon. Il va vomir chaque fois. Plus il vomit, plus il donne à manger. Ça énerve les bronches. C’est le père de l’âge.

Ça énerve ici à droite la coronaire. L’infarctus fait succès à une angine de poitrine. En gorge. Il se termine ici. Il se jette dans l’estomac. Et puis, il se termine en se jetant dans le gauche.

Le gauche fera la même chose, sauf au niveau du larynx, où le nerf va aller beaucoup plus bas. Ici c’est sous la sous-clavière, là c’est sous la horte. C’est pour ça que le langage qui démarre c’est toujours bitonale. Papa, pipi, popo, etc. Quand un chien aboie, c’est wow wow. Il faut être un vieux chien pour faire wow wow tout court.

Mais c’est lié à ça. C’est deux différences de trajet. Celui-ci va énerver tous les éléments. L’intestin, le gros côlon, tout. Et l’anus. Le larynx tâche tout de suite.

En yoga, c’est ce qu’on apprend à faire. Quand un sujet veut arriver à la décontraction la plus forte, il y a toujours deux choses qui sont contractées, c’est l’anus et le larynx. Pour lâcher, il y a la langue. Il ne faut pas essayer de tomber pour assurer, mais en lâchant l’anus, tout lâche. À l’Afrique du Sud, j’ai soigné le plus grand chanteur de l’Afrique du Sud, qui était un grand bariton. Quand je l’ai mis en forme, il me disait première règle, premier caleçon.

Deuxième règle, deuxième caleçon. Mais les grands chanteurs, jadis, se faisaient toujours un lavement de l’enfant saine. Et d’ailleurs, vous avez un corps intelligent. Quand il y a une chose d’affaire importante, vous avez une lésurie plus forte et vous avez une chasse qui est liée à ça. Mais c’est important. Vous verrez dans l’état de stress, dans l’état de conflit, vous verrez comme c’est serré ce niveau-là.

Et combien vous êtes coincé là-haut. Maintenant vous avez la clé de lecture rapide, mais c’est vrai que ça marche bien. C’est la mer qui passe dans le premier sage. C’est la mer que l’on entend. Enfin, elle accepte que le fœtus entende. Et quand j’ai fait tout ça en 1952-1953, c’était un peu insolite.

C’était celle qui me tombait sur la tête. Maintenant, tout le monde veut qu’elle entende qu’elle est grave, qu’elle a voix du père. La paroi abdominale, elle en défend le fœtus. C’est par conduction osseuse, c’est par la colonne latébrale de la mer que le fœtus est informé. Je pense que c’est pour ça qu’à la fin de sa vie, il va plonger la tête, sa couronne pelvienne comme couronne pour pouvoir percevoir et avoir une dynamique avec la mer. C’est donc elle qui joue.

Par contre, si la mer est allemande et le père est français, je demande à chacun de parler sa propre langue. Parce que l’enfant a la notion des deux canaux tout de suite. Et s’ils habitent l’Amérique, l’enfant apprendra aussi bien l’américain en classe. Mais chacun des parents doit parler sa langue d’origine parce qu’il parle la perfection. Et s’ils veulent aider l’enfant pour essayer de soulager en parlant la langue de la femme ou de l’époux, l’enfant va confondre les deux canaux et il sera mauvais dans les deux langues. La langue hébraïque est une langue spéciale.

Et quand, il y a bien 30 ou 40 ans, je me suis rendu compte qu’il y avait dans chaque lettre une énergie. Et je prétendais qu’elle jouait sur le corps en totalité. Et notamment, par exemple, le rapport de la lettre au corps est important. Si vous prenez un enfant qui commence à lire, en règle, il a une petite taille, on lui donne des grandes lettres. Il avance comme ça. Il peut donc projeter sur son air occipital cette image-là qui va reprojeter sur son corps.

Si, par contre, il n’a pas pu apprendre à lire, il aura l’inconvénient de grandir avec des lettres qui deviennent de plus en plus petites. Donc, j’étais persuadé que les lettres avaient une projection sur le corps. Et avec Carlos Suarez, avant Carlos Suarez, j’avais fait des photos et j’avais demandé à quelqu’un qui parle bien l’hébreu de vouloir, à un moment donné, m’aider à le prononcer comme il fallait. Et j’ai eu la chance de tomber sur un rabbin qui pouvait me réciter sa Kabbale comme il voulait. Et il a commencé à m’énoncer Aleph, Aleph, Aleph. Ça commence comme ça.

Et il s’est assis tout de suite parce qu’il a vu, sur le duc catholique, le Aleph tel qu’il avait prononcé. C’est intéressant, donc j’avais bien raison. C’était une imagerie sensorielle qu’il devait… Est-ce qu’il le sentait par la peau, par le corps, par n’importe quoi ? Il avait reproduit ce qu’il était en train de lire. Et mon brave rabbin n’a pas voulu aller plus loin parce que j’étais diabolique, j’avais trouvé un engin qu’il décryptait, et je n’ai pas de plus à voir.

Jusqu’au moment où j’ai vu Carlos Suarez, qui avait été diaboliste, mais qui avait trouvé cet élément que j’avais annoncé, et qui est venu voir si on pouvait aller plus loin. Alors il avait un inconvénient, c’est que lui n’était pas d’Israël, il était égyptien, donc avec un accent. Mais il s’est mis en route, et le plus intéressant, c’est que quand il a commencé à prononcer ses lettres, on l’a l’Aleph, on a retrouvé la même chose, un peu moins beau, parce qu’il n’était pas d’un accent. Ça va beaucoup plus loin que notre oreille peut déterminer. Mais quand il a prononcé le Beit, donc la deuxième lettre, il y a eu quelque chose de très curieux. Heureusement, nous étions plusieurs, j’ai même pu le photographier, nous étions cinq.

Il y avait sa femme, il y avait mon épouse, il y avait un aide de laboratoire, et Carlos Suarez. Quand il a dit le Beit, sa photo est sortie sur le tube catholique. Pendant la Kabbale, ce qui est étrange, surtout qu’ils ne sont pas habitués à la Kabbale, c’est donc l’explication latérale du peintateur, du premier livre de la Bible. C’est mieux la Kabbale que celui réalisé par un homme qui atteint un certain plan. Quand il dit un Beit, c’est sa propre image qu’il projette. Le Beit veut dire l’ouverture, le bouche, tout.

Lui aussi a fait que j’encourage pour aller jusqu’au bout. Je ne voulais plus avancer du tout. J’ai fait toutes les photos. Depuis, j’ai beaucoup travaillé sur l’énergie. Ce qui m’intéresse de voir, c’est qu’au fond, à tout moment, ce sont des énergies qui ont une valeur aussi symbolique. Je pense que le plus grand livre linguistique qu’on n’écartera jamais, c’est la Bible.

Il est tout. L’oreille musicale est une oreille parfaite. C’est cette oreille-là, avec une courbe ascendante de 6 décibels octaves. S’il est un peu plus marqué comme ça, je serai nord, ou violoniste. Un peu entre les deux, je vais être violoncelliste ou bariton. Et si je suis ici, je suis basse.

Mais il faut au moins cette ascension. Si ici, j’ai une défaillance, je vais chanter fou. J’aime la musique, mais on chante faux et on chante laid. L’intérêt, c’est que ceci est lié à des muscles, des tensors, du muscle du marteau et des létriers. Cette zone-là, c’est le marteau. Celle-ci, c’est l’étrier.

En rééduquant les deux, on permet aux gens d’entendre juste et de reproduire juste. Encore une fois, la mémoire qui va se perger dans cette région-là doit à tout moment être entretenue. Vous ne pouvez pas mettre bien la mémoire si tout le temps vous ne vous mettez pas en route. Je peux vous donner un exemple que je vis, un ami qui était en Normandie il y a 85 ans. Il a une mémoire absolument phénoménale. Et ça m’amuse de voir comment il l’entretient.

Il est assez âgé, il habite à une quarantaine de kilomètres de chez nous, et je vais le prendre pratiquement tous les dimanches parce qu’il a été très très malade. Je pense qu’on est d’un grand secours en allant le voir, le ramenant. Il vient manger avec nous, je fais l’aller-retour. Chaque fois que je fais l’aller-retour, tous les 40 mètres, il me dit, tiens, c’est un tel cabine. Mais quand vous serez seul, pensez à votre voix. Je pense que l’idéal, c’est que vous ne continuez pas à apprendre une seule langue, mais toutes les langues d’Europe.

C’est beaucoup plus facile que vous ne pensez. La première langue est difficile, la seconde devient très facile, et après vous parlez les langues comme vous voulez. Il faut avoir le courage de mal parler. C’est ça la clé que je peux vous donner. Ma langue d’origine, c’est l’italien. J’ai parlé le niçois et l’italien jusqu’à 11 ans.

Je suis arrivé à Paris, je ne parlais pas. Une chose qui m’a sauvé, j’avais une sorte de prédilection à la lecture à haute voix. Je me souviens hurler encore les quelques choses en français que j’avais à faire dans ma salle de bain et dans la cuisine. Il faut essayer de me les intégrer. Après j’ai fait comme tous les autres, j’ai essayé d’apprendre l’anglais, sans grand succès. Et puis j’ai perdu l’italien, essentiellement basant sur le français.

J’ai vécu beaucoup avec le milieu espagnol. J’ai appris l’espagnol sans jamais. Là j’ai eu le courage de me dire, très bien, j’ai parlé espagnol très vite, et le catalan. Le catalan, je comprendrais bien, c’est du niçois. Un bon jour, il y a eu beaucoup de conférences à faire en Italie, j’ai décidé, moi qui ne parlais plus l’italien, alors que j’avais beaucoup d’italiens en consultation, de me dire, je parle l’italien, je vais retrouver mon italien. C’est intéressant, ça faisait 40 ans que je n’en parlais pas.

C’est revenu tout de suite. Mais immédiatement, j’ai débloqué mon anglais. C’est intéressant, j’avais du mal à le faire. J’ai parlé anglais avec rapidité. Je pense que dès l’instant où vous vous débloquez, il faut avoir le courage. Que vous comprennent et que vous compreniez.

Vous sautez dans le bain, et après ça rentre tout de suite. Il ne faut pas avoir d’inhibition. Je crois que la chance de ce que nous apportons, ça enlève ces inhibitions. Par contre, les éducations comme on les fait, rien qu’avec, vous avez vu, de temps en temps, un enfant a déjà du mal à se retrouver avec ses lettres. Il a du mal à se débattouiller avec sa phonétique. On ne lui apprend que de la phonétique.

C’est en effet un alphabet qui n’a plus de fin. On dirait du sanscrit avec les 72 verrouillages. Il ne s’en sort pas et il refuse. Le courage, c’est de dire à un enfant, d’y aller. Quelque part, nous sommes toujours des enfants vis-à-vis d’une langue, vous y mettez. Pas Baragbini ou Baragbini, mais très rapidement, avec le courage de le faire, vous allez intégrer très vite.