Pourquoi Mozart ? La musique qui guérit
Tomatis utilisait la musique de Mozart dans ses thérapies. Pourquoi ce compositeur en particulier a-t-il des effets si puissants?
Pourquoi Mozart ?
Pourquoi Mozart ? « Prodige sans précédent, dès sa vie prénatale, au travers d’une grossesse maternelle heureuse, tout imprégné de musique, il a codé son système nerveux sur des rythmes physiologiques vrais, universels, cosmiques, oserais-je dire. » Alfred Tomatis
Dans cette citation, tout est dit ! La musique touche tout notre être, d’une façon bénéfique ou néfaste, dans toutes ses dimensions : corporelle, mentale et émotionnelle. Elle véhicule aussi une dimension transcendantale qui révèle à l’homme sa dignité. La transcendance passe par la notion d’harmonie. Est harmonieux ce qui obéit aux lois naturelles de l’univers, auxquelles notre corps obéit également. Les Grecs ont décrit ces lois, principes identiques pour toutes les formes d’art et pour les sciences. Jusqu’au XIXe siècle, sciences et arts étaient intimement liés. Le beau n’est pas une question de goût personnel : « Moi, j’aime. » Il répond plutôt à des critères objectifs porteurs de vie. Le dysharmonieux qui devrait nous apparaître « laid » est intrinsèquement mortifère. Cette réalité a été démontrée par de nombreuses expériences mesurant l’effet de la musique sur des plantes.
Par exemple, celle de Dorothy Retallack qui a comparé comment poussaient des graines de différentes plantes avec trois types de musiques pendant trois semaines. Le groupe témoin ayant grandi dans le silence. Les résultats sont éloquents. Les plantes exposées à de la musique rock (le groupe Led Zeppeline) ont à peine poussé ou sont mortes. Celles exposées à de la musique moderne contemporaine (atonale) ont poussé 15 degrés éloignées des enceintes et avaient des racines de moitié plus petites que celles qui avaient poussé dans le silence. Enfin, celles qui avaient « entendu » de la musique classique baroque avaient elles grandi en moyenne 5 cm de plus et se penchaient vers les musique ! La musique s’analyse sur trois plans : le rythme, la mélodie et l’harmonie. D’une façon un peu simplifiée, chaque aspect correspond à l’un des trois étages du cerveau décrit par le Dr Paul Mc Lean. Selon sa théorie, le cerveau humain serait composé de trois cerveaux, chacun superposé au précédent, comme les poupées russes emboîtées l’une dans l’autre : le reptilien, le limbique et le néocortex. • Le rythme est plus lié au cerveau reptilien, responsable des comportements primitifs assurant nos besoins fondamentaux. Le grand récepteur sensoriel du rythme est le vestibule qui tient sous sa coupe les mouvements et la posture. Nous avons expliqué comment les mouvements sont perçus grâce au déplacement des liquides de l’oreille interne. De même, les éléments rythmiques de la musique suscitent des processus d’accélération des fluides de l’oreille, qui entraînent eux-mêmes des mouvements du corps. Le Dr Tomatis explique : « La danse est le reflet corporel de la danse elle-même des liquides, comme cette dernière est le résultat de l’intégration des
mouvements du corps. » Enfin, le rythme a une influence directe sur nos rythmes physiologiques : battements cardiaques, respiration, tension sanguine… Par exemple, écouter une musique au rythme très rapide a pour effet d’accélérer le rythme cardiaque et respiratoire. Par conséquent, des tempos incohérents et disharmonieux peuvent perturber profondément nos schéma et équilibre corporels. • La ligne mélodique et le choix des accords s’adressent essentiellement au cerveau limbique, siège des émotions. Le système limbique joue également un rôle important dans notre fonctionnement, agissant sur l’alimentation, le sommeil, la marche, la température du corps, les équilibres chimiques, le rythme cardiaque, la tension artérielle, les hormones et l’activité sexuelle. C’est aussi le centre du plaisir, de la faim, de la soif, de l’agressivité et de la colère. Il contribue enfin au développement de nos connaissances et tient un rôle vital dans le transfert vers la mémoire des informations reçues. La partie cochléaire de l’oreille en est le récepteur sensoriel. La mélodie déclenche en nous toutes une palette d’émotions qui nous renvoient parfois à nos propres expériences passées, heureuses et douloureuses. Une musique fort belle mais très mélancolique comme celle de Chopin est à écouter avec grande parcimonie si l’on a une tendance dépressive : on risque de sombrer davantage dans l’émotionnel. Il nous faut donc surveiller nos choix : ce qui d’emblée nous attire n’est pas forcément ce qui nous fera du bien ! • L’harmonie, au sens musical du terme, correspond à l’aspect mathématique et logique de la musique. Cette dimension stimule le néocortex, nos aptitudes
intellectuelles, le raisonnement logique et le langage. On trouve aussi dans le néocortex les processus qui traitent les perceptions physiques comme les sens et le contrôle moteur. Parce que la musique influence notre capacité même de