Influence des battements synchroniques du métronome sur les performances scolaires : rapport de recherche
Influence des battements synchroniques du métronome sur les performances scolaires des enfants et des adolescents : compte rendu de deux études préliminaires.
Dr Gordon Taub (University of Central Florida) — Dr Kevin McGrew (Institute for Applied Psychometrics)
Les enseignants cherchent depuis longtemps des méthodes susceptibles d'améliorer les performances scolaires de tous leurs élèves. Dans le cadre de l'éducation spécialisée en particulier, les éducateurs expérimentent les programmes d'intervention les plus divers, académiques comme non académiques — avec toutefois des résultats variables. La plupart des bons programmes éducatifs se sont concentrés jusqu'ici sur le ciblage direct des compétences académiques. Les interventions non académiques (par exemple, l'entraînement des processus langagiers et/ou l'entraînement perceptivo-moteur — entraînement psycholinguistique, thérapie des schémas psychomoteurs) qui se sont multipliées dans les années 1960 et 1970 n'ont pas fait leurs preuves, surtout parce qu'elles ne donnaient pas de résultats reproductibles quant à leur impact sur la rapidité et l'efficacité de l'apprentissage. En conséquence, le champ de l'éducation s'est trouvé dominé par des opinions sceptiques sur les bénéfices du « traitement » non académique et des interventions « sur le cerveau » dont l'effet mesurable devait porter sur les acquisitions scolaires.
Récemment, un regain d'intérêt s'est manifesté pour les conceptions biologiques des troubles de l'apprentissage et pour les bénéfices potentiels de thérapies liées au « traitement » non académique, fondées sur les principes de la psychologie cognitive contemporaine, sur la plasticité cérébrale, sur l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (fMRI) et sur les résultats de la recherche génétique. Les « processus » cognitifs considérés comme des facteurs sous-tendant nombre de troubles de l'apprentissage incluent par exemple la conscience phonologique, la rapidité de récupération lexicale (dénomination automatique rapide), la mémoire de travail et les fonctions exécutives. Ce sont ces mêmes processus qui constituent le fondement de nouvelles méthodes destinées à améliorer le développement scolaire des élèves.
Une nouvelle approche des processus cognitifs essentiels (dans la formation académique) a été enrichie par la recherche sur le rythme cérébral et la synchronisation temporelle. Plus précisément, le phénomène de synchronisation temporelle (suivi temporel) à travers des protocoles expérimentaux qui exigent des sujets le maintien d'une synchronicité avec des stimuli auditifs (par exemple, ceux d'un métronome) a été reconnu comme potentiellement important dans le diagnostic et la thérapie de divers troubles cliniques. L'amélioration de la synchronisation temporelle chez les sujets étudiés constitue, parallèlement, le fondement de programmes thérapeutiques visant les progrès et l'amélioration des résultats dans divers domaines. La thérapie fondée sur les battements synchroniques du métronome (SMT — Synchronized Metronome Tapping), visant à minimiser l'écart entre les battements du métronome et l'anticipation du sujet examiné quant à ces battements, a récemment révélé un impact thérapeutique extraordinairement significatif sur le sens du temps et du rythme chez l'humain. Plus important encore, l'amélioration du sens du temps et du rythme chez les sujets a entraîné de meilleurs résultats dans des jeux tels que le tennis ou le golf, et a influé positivement sur le comportement d'enfants atteints de TDAH.
Sur la base de ces résultats positifs de la thérapie SMT, deux projets de recherche ont été menés afin de tester l'impact potentiellement bénéfique de la thérapie SMT sur les résultats scolaires. Les recherches ont été conduites au moyen du programme thérapeutique Interactive Metronome® (IM) sur des échantillons provenant de deux écoles : élémentaire (n = 86) et secondaire (n = 283). Les participants ont été assignés au hasard à un groupe devant suivre la thérapie ou à un groupe contrôle. Le groupe soumis à la thérapie IM a participé à une intervention de 3 à 4 semaines (15-18 séances), conçue pour minimiser l'écart entre le battement attendu et le battement réel du métronome. Pendant ce temps, le groupe contrôle prenait part aux activités scolaires habituelles (éducation physique pour les élèves du secondaire, récréation pour les élèves du primaire). L'analyse statistique des résultats obtenus avant et après l'expérience s'est concentrée sur l'évaluation standardisée des compétences fondamentales et secondaires en mathématiques et/ou en lecture (notamment : fluence en lecture, compréhension de texte, calcul et résolution de problèmes mathématiques), ainsi que sur les capacités cognitives liées à ces matières (par exemple, la conscience phonologique, la dénomination automatique rapide, l'attention/la concentration, l'évaluation de l'écoulement du temps).
Dans les deux expériences, le groupe soumis à la thérapie IM a fait preuve d'une amélioration significative du sens du temps et du rythme. En moyenne, l'amélioration chez les sujets étudiés a été d'environ 50 % par rapport au groupe contrôle. Plus important encore, on a observé un impact positif de la thérapie sur les facteurs influant sur les processus cognitifs et l'acquisition des connaissances. Les tailles d'effet de la thérapie IM oscillent entre 0,15 et 0,50. Ce résultat suggère qu'un entraînement IM de 3 à 4 semaines aboutit à une accélération de l'acquisition des compétences en mathématiques et en lecture de l'ordre de 7 à 20 % par rapport au groupe contrôle. Les résultats de la thérapie ont été légèrement meilleurs chez les enfants de l'école primaire.
Le déroulement de ces deux expériences préliminaires n'a pas permis d'examiner les changements potentiels dans les mécanismes cognitifs fondamentaux ni dans le travail du cerveau. Plusieurs hypothèses générales seront présentées ultérieurement, centrées principalement sur les mécanismes causaux du traitement cognitif et informationnel (par exemple, l'amélioration de la mémoire de travail, l'attention exécutive contrôlée, les fonctions exécutives). Les conséquences de la recherche cérébrale (par exemple, des examens fMRI menés pendant et après la thérapie IM) seront également mises en lumière.
En résumé, les résultats des expériences décrites ci-dessus montrent que la thérapie par battements synchroniques du métronome (SMT), fondée sur les recherches contemporaines et sur la théorie de la psychologie cognitive, peut avoir un effet positif sur les résultats scolaires. L'entraînement SMT, mené au cours des expériences décrites avec le protocole de thérapie IM, semble contribuer à une accélération relative de l'apprentissage de la lecture et des mathématiques, en particulier chez les enfants en âge d'école primaire. Les mécanismes fondamentaux responsables d'une telle action de la thérapie — c'est-à-dire ce qui se passe « sous le capot » — n'ont pas été élucidés à ce jour, mais les résultats positifs reproductibles observés dans ces expériences invitent à approfondir la recherche sur le programme IM dans le contexte éducatif.
Article par Małgorzata Szurlej (Centre APF « Espace », Varsovie), publié sur tomatis-warszawa.pl. Traduction française.