Dyslexie et problèmes d'apprentissage
La capacité d'écoute permet à l'enfant de se connecter à l'enseignement par le décodage rapide de la chaîne parlée et de l'écriture. Quand les paramètres qui sous-tendent l'écoute sont perturbés, la course de l'enfant vers le sens du monde est entièrement à contre-pente.
Tomatis a démontré que les difficultés d'apprentissage sont, dans la plupart des cas, dues à un mauvais fonctionnement du capteur auditif, qui provoque des troubles du décodage du son. Ces distorsions perceptives, en provoquant une mise au point difficile des sons, retentissent en cascade sur la lecture, sur la reproduction graphique du son (l'écriture), ainsi que sur la capacité d'attention et de concentration. L'oreille, sans devenir sourde, envoie au cerveau les sons de façon moins nette et moins équilibrée, créant des distorsions dans la perception fine du langage qui en compromettent la gestion aux niveaux les plus complexes : compréhension de concepts articulés, écriture, lecture…
Pour Tomatis, un enfant qui présente des problèmes d'attention, qui montre un retard dans le langage, dans la lecture et dans l'écriture, ou qui présente des troubles du comportement, a supprimé ou diminué son désir d'écouter. Il ne parvient plus à exprimer clairement sa pensée, à mémoriser correctement et à contrôler son langage.
Son test d'écoute présentera des distorsions sur un ou plusieurs de ses paramètres, comme cela est expliqué dans la page consacrée à la mesure de l'écoute.
Le confrère canadien Paul Madaule, dans une intervention au colloque Listening and Learning de Toronto en 1978, décrit, par une comparaison efficace, l'élève en difficulté d'écoute :
Imaginez une personne seule dans un pays étranger, contrainte de communiquer au moyen d'un bagage linguistique très pauvre. Elle sait ce qu'elle veut dire mais ne parvient à l'exprimer que de manière incomplète. Les mots et les phrases par lesquels elle cherche à communiquer demeurent approximatifs ; les nuances et les finesses du langage ne lui sont pas permises. Lorsque son interlocuteur prendra la parole, elle ne saisira qu'une partie de ses propos ; pensant avoir compris, ou lasse de faire répéter, elle répondra en conséquence, induisant des dérives qui aggraveront la confusion. L'autre ne comprendra que ce qui aura été péniblement exprimé, et non le vrai message. De la même façon, elle répondra à ce qu'elle aura entendu, et non à ce qui aura été dit verbalement. […] Devoir constamment chercher les mots de son propre discours et tenter de comprendre ce qui est dit par les autres exigent un effort d'attention et de concentration tel qu'on perdra très vite le fil de sa propre pensée, jusqu'à se sentir fatigué et épuisé par l'effort.
Quelques épisodes de ce type suffisent à faire baisser la motivation et à décourager la personne, qui pourra se sentir mal à l'aise au milieu des autres […] et exprimer le désir de retourner dans son pays.
Madaule propose un autre exemple pour mieux préciser la correspondance entre la situation de l'étranger et celle du dyslexique :
Introduisez entre un interlocuteur et vous-même un capteur défectueux ; par exemple, un récepteur téléphonique qui n'est pas conçu pour transmettre le spectre sonore de la voix dans sa totalité, mais pour reproduire le strict nécessaire à la compréhension de l'information verbale. Dans cette situation, le message est compréhensible tant que le vocabulaire utilisé vous est familier ; lorsqu'il s'agit d'un mot nouveau, vous demandez à votre interlocuteur d'épeler lettre par lettre. De plus, pour éviter les confusions sonores au moment de l'épellation, les téléphonistes ajoutent toujours un mot connu, dont la lettre initiale correspond à celle qu'ils transmettent (A comme Anatole, B comme Berthe, etc.).
Et Madaule poursuit :
Chez le dyslexique-dysorthographique, il n'y a pas de référence préalable qui lui permette de faire la correction sonore du message. Tout se passe comme s'il avait toujours écouté à travers un récepteur téléphonique. Chaque mot, chaque lettre est perçu et analysé au moyen d'une écoute déformée. En outre, il faut préciser que l'oreille de ces enfants est habituellement un récepteur bien moins fidèle que le téléphone, car, à la différence de ce dernier, la plupart des distorsions sonores se situent au niveau fréquentiel du message verbal. En effet, les Tests d'Écoute des dyslexiques présentent généralement des courbes de seuil « en dents de scie » ou avec des creux, avec une sélectivité auditive fermée entre 500 et 3 000 hertz, zone préférentielle de la réception de la parole. Ces mêmes tests d'écoute révèlent en outre une audition particulièrement instable, source supplémentaire de confusions dans la recherche de points de repère indispensables pour assimiler définitivement de nouvelles acquisitions. Cela permet de mieux comprendre les difficultés que rencontrent ces enfants à se débarrasser durablement de leurs erreurs d'orthographe, et la grande variabilité de celles-ci dans le temps. […] Ne connaissant le langage qu'à travers une perception auditive instable, celui-ci demeure étranger à l'enfant dyslexique. Il est comme l'étranger en difficulté de communication, qui n'a pas encore su adapter son écoute au niveau fréquentiel de la nouvelle langue. […] Sa voix, le plus souvent murmurante, se révèle monotone, […] son vocabulaire est pauvre ; les mots et les intonations employés ne correspondent pas aux situations décrites. Les phrases sont mal construites, les discours confus, mal structurés et entrecoupés de nombreuses hésitations. Il est nécessaire à plusieurs reprises de lui faire répéter les mots et les phrases pour pouvoir les comprendre.
À la différence du dyslexique, l'étranger en difficulté de communication, malgré sa pénible expérience, demeure soutenu par une structure d'adulte, fruit d'une série d'expériences qui lui ont prouvé ses capacités dans d'autres situations. Il est solide, sûr de lui. Au contraire, la potentialité du dyslexique n'a jamais pu s'affirmer ; il lui manque les confirmations de l'expérience. Il ne possède pas de bases solides pour s'empêcher de douter de lui-même et de vaciller.
De plus, la sensation de malaise dans un corps-instrument qu'il ne sait pas dominer est, chez le dyslexique, presque constante. Le langage, corporisation de la parole, permet la rencontre, le dialogue avec soi-même, l'harmonie du corps et de la psyché. Si ce que Tomatis appelle la « dynamique structurante » du langage n'est pas neuronalement cristallisée, il se crée une dysharmonie, une dissonance intérieure ; dissonance qui impose à l'enfant un univers de mal-être — univers qu'il projettera sur les autres et à travers les filtres duquel il déformera la perception de l'autre. Les dyslexiques sont souvent maladroits dans leurs mouvements. Ils semblent encombrés par leur corps, comme par un habit trop neuf ou trop étriqué. Ils ne savent que faire de leurs membres, et en particulier de leurs mains. Que rigide ou avachie, leur posture manque de naturel et de souplesse. Ce dialogue défaillant avec leur corps explique en partie les complexes au sujet de leur physique qu'ils développent à la puberté. Le dyslexique est « dyslexicé » jusque dans son propre corps.
Si l'étranger a du mal à les formuler, ses idées demeurent néanmoins claires dans son esprit. Le dyslexique, privé d'un cadre linguistique consolidé de manière précise, n'a jamais eu la possibilité de formuler nettement ce qu'il pense et ressent. Sur le modèle de son langage mal structuré, ses idées demeurent confuses, enfouies en lui, intraduisibles. Le dyslexique est « dyslexicé » jusque dans sa pensée.
Revenons encore une fois à notre étranger et à sa nostalgie. Il peut aisément remédier à son mal du pays par un voyage-fuite vers la terre natale, grâce à un billet de retour. Le dyslexique souffre également de la nostalgie d'un ailleurs perdu, où le langage n'était pas nécessaire à la communication. La fuite, fréquente chez ce type de jeunes, en est le signal le plus éloquent. Mais pour lui, le retour au pays natal est en réalité impossible ; alors il l'intériorise et le rend crédible dans l'imaginaire des rêves, des rêveries et des illusions. La diversion est un moyen discret et efficace de fuir la réalité. Plus tard, peut-être, cherchera-t-il ce billet de retour dans l'alcool, dans les drogues, dans certaines musiques, dans certains mouvements marginaux ; à Katmandou ou en Amazonie. Les marchands de rêves font fortune avec eux.
Mais toute fuite se conclut toujours par un brutal retour à la réalité. À quoi pense un enfant dyslexique le matin, quand le réveil interrompt ses rêves ? À l'école et aux mauvaises notes qui l'attendent, au retour le soir à la maison avec ces mauvaises notes à déclarer ou à tenter de cacher à des parents déçus et mécontents. Le cycle d'échecs maison-école « pollue » toute son existence.
Vous comprenez alors pourquoi il est souvent si difficile de les sortir du lit le matin. Comme le prisonnier dans sa cellule, il compte les jours qui le séparent des prochaines vacances-fuite tant rêvées. Quand celles-ci arrivent enfin, le rêve se transforme à nouveau en réalité — réalité d'un univers dyslexique jusque dans le temps libre. Son mal-être intérieur se transforme alors en ennui, en inertie, ferment d'angoisse et de préoccupations ; préoccupations pour la prochaine rentrée scolaire qui approche irrémédiablement, jour après jour, et qui apportera le fardeau des échecs passés accumulés : redoublements, changements d'école, internat, et autres… On observe que dans bien des cas, les élèves médiocres sont ceux qui ne savent pas s'amuser ; ce paradoxe n'a pour nous rien d'étonnant.
Comme tout être psychiquement normal, le dyslexique a besoin de communiquer, mais sa difficulté à rencontrer le verbe, image du père, lui fait refuser la modalité linguistique de communication qui lui est imposée. Le type de dialogue qu'il recherche ne peut donc être que non verbal, c'est-à-dire empathique, affectif, en un certain sens maternel. Ce dialogue a eu lieu dans sa plénitude au moment où la mère et l'enfant n'étaient pas encore deux entités distinctes, au moment où, in utero, ils ne faisaient qu'un. L'attitude régressive du dyslexique, étranger au monde paternel de la symbolique du langage, est l'effet de sa nostalgie du pays prénatal depuis longtemps perdu.
L'adolescent ou l'adulte dyslexique sont souvent à la recherche de ce paradis primordial du dialogue mère-enfant à travers leurs aventures sentimentales. En règle générale, les relations qu'ils définissent comme « véritable amour » se concluent par des déceptions qui peuvent prendre, pour eux, des dimensions dramatiques. Si leur désir devient réalité, ils se retrouvent rapidement las et déçus. Ces relations restent souvent au niveau platonique, afin de ne pas ruiner l'imaginaire, l'illusion.
La mémorisation intra-utérine grâce à la voix de la mère filtrée, telle qu'on l'utilise en Audio-Psycho-Phonologie, fournit une réponse thérapeutique concrète et directe à cette nostalgie du pays prénatal perdu, et à la nostalgie de l'étranger pour le monde de la communication verbale et de sa transcription graphique.
Que se passe-t-il au quotidien pour l'élève en difficulté ?
Le rôle de l'oreille dans le développement du langage est, pour Tomatis, fondamental. Le langage se fixe dans notre système nerveux à travers la perception acoustique. Plus la perception est précise, plus le langage parviendra aisément à s'enraciner en nous.
Si la netteté perceptive est précaire, l'élève peut éprouver des difficultés dans la compréhension rapide des phrases et des concepts. Ces difficultés ne se remarquent souvent pas à une observation superficielle, parce que l'enfant parvient à compenser le déficit perceptif par un effort intellectuel. Effort qui lui ôtera énergie et intérêt dans d'autres domaines de la vie quotidienne.
Dans la lecture, il s'agit d'avoir déjà clair en tête le son que le signe graphique représente — et ce son est clair si l'écoute le permet. Dans le cas contraire, apprendre à lire sera un cheminement hésitant, par tâtonnements, jalonné de doutes.
Le parcours inverse a lieu dans l'écriture, où la partie vestibulaire de l'oreille est mobilisée pour gérer les mouvements de la main et du bras. La cochlée, qui analyse les sons, est en relation étroite avec le vestibule pour l'aider à programmer et coordonner les mouvements.
L'organe de l'équilibre, donc, avec la gestion des mouvements de tous les muscles du corps, joue un rôle dans l'apprentissage et le langage aussi important que celui de la cochlée — il en est le complément. Du vestibule dépendent tous les mouvements du corps, y compris ceux de l'appareil phonatoire pour pouvoir parler, ceux de l'œil pour la lecture, et ceux de la main pour l'écriture. Il peut arriver toutefois que le vestibule, excité de manière excessive par les fréquences graves auxquelles il est sensible, n'induise pas seulement une distraction, mais aussi une tendance continue au mouvement, ou hyperactivité. Les fréquences du langage, dans une écoute équilibrée, doivent être perçues avec une force relative supérieure à celle des fréquences graves, qui véhiculent les bruits de fond. (Voir Figure 1.)

Figure 1. Test d'écoute idéal.
S'il n'en est pas ainsi, ce sont ces dernières qui prévaudront dans la perception, et l'enfant sera attentif, certes, mais aux sons graves plus qu'à la voix de l'enseignant — avec, en parallèle, une recherche de mouvement et de bruit.
Voyez le test de l'élève que nous appellerons Giovanni (figure 2) : il présente plusieurs paramètres Tomatis distordus par rapport à une écoute équilibrée. Une plus grande sensibilité aux graves qu'à la zone du langage (1 000-3 000 Hz), une courbe osseuse qui s'entrelace et dépasse en sensibilité la courbe aérienne — prédisposant à une sensibilité émotionnelle excessive —, une sélectivité fermée dans les aigus et dans la zone du langage, avec pour conséquence des difficultés d'attention et de concentration.
Avant les séances avec l'Oreille Électronique

Figure 2. Test d'écoute d'un adolescent en difficulté scolaire : difficulté de concentration et à comprendre ce qu'il lit ; nombreuses otites depuis l'enfance, encore présentes. Diagnostic de légère hypoacousie de transmission à l'oreille droite (diagramme de gauche), résolue après un cycle de séances audio-psycho-phonologiques (cf. fig. 3). Les seuils de la voie aérienne sont indiqués par la ligne continue, ceux de la voie osseuse par la ligne en pointillés.
Après un cycle de séances avec l'Oreille Électronique

Figure 3. Test d'écoute du même adolescent après le cycle de séances avec l'Oreille Électronique. Analyse des sons améliorée. La courbe de la voie aérienne s'est repositionnée sur celle de la voie osseuse sur la majeure partie des fréquences. Les seuils de la voie aérienne sont indiqués par la ligne continue, ceux de la voie osseuse par la ligne en pointillés.
Les sons aigus sont énergisants et favorisent l'attention et la vigilance, tandis que les sons graves, s'ils sont en excès par rapport aux autres fréquences, fatiguent et ôtent de l'énergie au système nerveux. Une perception qui privilégie les graves peut en outre conduire l'enfant à percevoir la voix de l'enseignant et des autres personnes de son entourage comme plus agressive qu'elle ne l'est en réalité, influençant manières d'être et états d'âme.
L'oreille droite, par ailleurs, est celle qui assure le contrôle linguistique, parce qu'elle est reliée plus directement à la zone d'analyse du langage située dans l'hémisphère gauche. L'oreille gauche, elle, fournit une sorte de contrôle global de l'information. Certains enfants, « pour garder leurs distances » avec l'interlocuteur, utilisent l'oreille gauche pour écouter, allongeant le circuit de passage du signal et les délais de compréhension et de réponse.
La langue maternelle
Revenons à notre enfant en difficulté scolaire : il présente souvent, à l'examen de l'écoute, une mauvaise analyse des sons linguistiques, accompagnée toujours d'une difficulté semblable dans les fréquences aiguës. Or, pour pouvoir déchiffrer et reproduire la langue vivante, l'enfant et l'adulte ne doivent pas avoir de gros problèmes pour différencier les diverses tonalités, sous peine de confondre des lettres presque semblables, comme le D et le T, le P et le B, ou d'hésiter entre les CR, les DR et les GR. Notons au passage que c'est le même mécanisme qui empêche un adulte, débutant dans une langue étrangère, de distinguer entre eux des mots presque semblables. Dans les premières années de la vie, une difficulté à différencier des sons proches est normale, parce que la capacité d'analyse des sons se développe progressivement, de la naissance jusqu'à 10-11 ans, presque octave par octave.
Chez le dyslexique, la sélectivité est totalement perturbée. Le blocage des aigus est un fait constant. Certaines bandes passantes situées dans d'autres zones de l'échelle tonale apparaissent comme des terres de personne, où aucune analyse n'est possible. L'enfant apparaît comme entièrement « daltonien aux couleurs ».
Si cette difficulté persiste, si la sélectivité ne s'ouvre pas comme elle le devrait pour défendre l'enfant de quelque chose qu'il vit comme agressif, cela peut devenir un problème. Toute une partie de la subtile chaîne acoustique sera perturbée, et par ricochet cela se produira aussi dans l'élocution, dans l'écriture et dans la lecture.
L'enfant « dur d'oreille » reçoit le message comme un paquet de sons mal emballé. Il a des moments d'hésitation. Ne reconnaissant pas un mot, il s'appuie sur le contexte et se débrouille comme il peut. Le décodage lui fera perdre beaucoup de temps. Si, entre-temps, un autre message lui est adressé, il le perd, perdant ainsi peu à peu le fil de la conversation. La communication devient une course d'obstacles qui, accumulés les uns sur les autres, fatiguent l'enfant qui court vers le sens du monde.
Certains enfants ont placé, entre le monde et eux, un rideau qui laisse passer la lumière mais transforme les objets en formes vagues, indéfinies, ou en images déformées. L'oreille dispose d'une capacité analogue et tout aussi discriminante. Les sons se différencient par l'intensité, la fréquence et la valeur relative — propriétés qui les caractérisent. L'audition possède un sens aigu de la directionnalité et, en localisant les sons, aide l'enfant à se mouvoir et à s'orienter dans l'espace. Une oreille fermée à une telle sélectivité, qui a émoussé la pointe de ces mécanismes très précis, ne perçoit le langage que comme un brouhaha aux significations vagues et imprécises.
Ainsi, avec un petit grain de sable dans l'oreille, l'écoute, comme ouverture vers l'extérieur, subit un léger contretemps et met progressivement l'auditeur en décalage par rapport à son environnement. Une bonne écoute suppose une bonne fluidité dans l'émission et dans la réception des messages. Les phonèmes doivent être déchiffrés et reconnus à mesure qu'ils sont énoncés.
La méthode Tomatis, en aidant l'oreille à percevoir les sons linguistiques de manière plus claire et harmonieuse, et en aidant l'élève à se latéraliser à droite, est devenue une aide considérable dans les problèmes scolaires.
La difficulté d'apprentissage, qui peut se manifester sous forme de problèmes de lecture, d'orthographe, de calcul, de déficit d'attention et de mémoire — une fois établi, par un bilan audio-psycho-phonologique, qu'elle est liée à un mauvais usage de l'écoute, comme c'est souvent le cas — peut trouver dans la méthode une aide précieuse, évitant souvent des médicalisations et des psychologisations traumatisantes.
Plusieurs recherches américaines récentes ont confirmé l'efficacité de la méthode dans le traitement des troubles de l'apprentissage et dans les problèmes de comportement. Une méta-analyse de ces recherches a été publiée par Tim Gilmor dans l'International Journal of Listening. L'étude a démontré que la méthode Tomatis améliore de manière significative les habiletés linguistiques, psychomotrices et cognitives ; la capacité d'adaptation personnelle et sociale ; et la capacité d'écoute. Les effets sur l'attention, la concentration et la mémoire sont tangibles.
Dans le déficit d'attention avec hyperactivité, on retrouve souvent au test d'écoute une exacerbation de la perception des fréquences graves, surtout par voie osseuse. Cela conduit l'enfant à être très stimulé sur le plan vestibulaire, avec, en conséquence, un besoin irrépressible de bouger, comme en proie à une « force mystérieuse ».
Le mouvement est aussi souvent une manière de chercher une stimulation corticale pour compenser la faible perception des fréquences aiguës. Mais la stimulation qui peut parvenir par le vestibule est éphémère, et fatigue rapidement l'enfant.
Combien d'enfants qui, pourtant doués d'une bonne audition et d'une bonne intelligence, ne parviennent pas à avoir un rendement suffisant à l'école ! Peut-être sont-ils capables de soutenir leur attention ou d'effectuer normalement les exercices durant la première heure et demie, pour ensuite voir baisser leur intérêt, leur attention, leur concentration.
De nombreux enseignants et parents se demandent comment cela peut se produire. Les découvertes de Tomatis sur l'oreille et le système nerveux nous aident à donner une explication logique et physiologique au phénomène.
Dans les tests d'écoute de ces élèves, la première chose que l'on relève est une analyse difficile des fréquences aiguës. La recharge corticale insuffisante est généralement compensée par le sommeil — qu'on voudrait parfois plus long — et par une plus grande ingestion de sucres, raffinés ou non. Aux premières heures du matin, l'enfant, ressorti du repos de la nuit et du petit-déjeuner qui, par les sucres, a activé un certain niveau énergétique, a la possibilité de compenser le déficit de recharge par l'apport métabolique et la récupération du sommeil. Une fois l'effet de ces deux facteurs terminé, il revient à son état de non-stimulation, avec la difficulté de concentration qui en découle.
L'ouverture de l'écoute sur les fréquences aiguës, le rééquilibrage de la perception sur les diverses fréquences et une amélioration de la latéralité droite suffisent souvent à remettre sur les rails un élève qui, « pour on ne sait quelle raison », au dire de l'enseignant, « a les capacités, mais ne s'engage pas, sauf à certains moments de la journée ».
Le nerf vague
Tomatis tend à souligner le rôle important que joue le nerf vague pour l'état d'âme de l'élève en difficulté d'apprentissage. Il détient en effet en son pouvoir, par les innervations qui vont du tympan à l'oreille moyenne, descendent au larynx, aux bronches, au cœur, aux viscères, etc., tout le champ dans lequel nous pouvons fixer nos somatisations : l'angine, la sensation de boule qui monte et descend manifestant l'anxiété, la voix évanescente, la parole qui s'étrangle, la respiration bloquée par la peur, les palpitations, les anorexies, les boulimies, les troubles vésiculaires (« se ronger les sangs »), etc., pour finir avec tout l'univers de la pathologie vagale dont la résonance psychique est si considérable.
Pour Tomatis, le tympan joue un rôle fondamental dans le circuit psycho-somatique et somato-psychique des excitations vagales, étant le seul organe donnant sur l'extérieur qui soit innervé par cette branche du système neurovégétatif. D'où l'importance qu'ont le son, la parole, la voix sur les résonances de notre réponse interne. Lorsque le tympan parvient à vibrer en réponse à des sons aigus, il est bien tendu, ce qui atténue les fluctuations neurovégétatives du nerf vague. Un excès de focalisation sur les tons graves — donc un tympan moins tendu —, sans une bonne perception des tonalités aiguës, conduit à une stimulation vagale excessive favorisant les manifestations neurovégétatives qui lui sont liées.
Mais comment se produit cette distorsion de sensibilité, cette fermeture de l'oreille ? Tomatis explique que l'oreille ne fonctionne pas comme un simple récepteur ; elle est liée au cerveau et donc à la psyché par des mécanismes subtils. Lorsque nous entendons, le son passe par le tympan, que l'on peut comparer à la membrane d'un tambour. Celle-ci se tend ou se relâche pour mieux s'adapter aux impédances acoustiques environnantes, grâce au muscle du marteau. À partir du tympan, selon la conception de Tomatis, le son est transmis à travers la boîte crânienne et fait vibrer le labyrinthe osseux dans sa totalité ; cette vibration met en mouvement les liquides qui se trouvent à l'intérieur du labyrinthe, lesquels permettent l'analyse des sons. Ce labyrinthe n'est pas totalement fermé : il présente un orifice, sur lequel vient s'appuyer l'étrier, dont le muscle forme avec son ensemble un second système de régulation des sons. Par un jeu de pressions, selon les besoins, ce système amortit ou amplifie les mouvements liquides, permettant ainsi une analyse optimale des sons. Mais il arrive que ce mécanisme d'adaptation des sons — c'est-à-dire la musculature de l'oreille moyenne — soit inconsciemment utilisé comme mécanisme de défense, défense non seulement contre des sons trop violents qui pourraient endommager l'oreille, mais aussi simplement pour se protéger de sonorités, de voix ou de discours que la personne ressent comme une agression psychologique.
On peut ainsi, sans se boucher les oreilles, refuser d'entendre quiconque nous dérange, nous effraie ou nous importune. Le risque encouru est de le faire de façon habituelle, ce qui produit, sur le plan moteur, un relâchement des deux muscles qui permettent la régulation des sons. Ainsi l'oreille, perdant sa capacité d'accommodation, finit par engendrer toute une série de troubles au niveau de la communication, et parfois par devenir un écran qui masque ou déforme la réalité extérieure, isolant ainsi la personne. Le travail avec l'Oreille Électronique, à travers l'alternance des deux canaux d'amplification qui invitent la musculature de l'oreille moyenne à se détendre et à se tendre selon une séquence temporelle précise — tant par voie osseuse que par voie aérienne —, favorise la remise en marche de la capacité d'accommodation et de mise au point des sons.
En pratique
La plupart des traitements de rééducation audio-psycho-phonologique consistent en une première période de 30 heures de séances réparties sur environ 10 à 15 jours, suivie de deux périodes de 20 heures chacune, séparées par une pause d'intégration pouvant varier de 3 à 8 semaines.
Les résultats
Les principes de l'Audio-Psycho-Phonologie sont reconnus et appliqués au niveau international. Quelques pays européens ont inclus la méthode de rééducation à l'écoute parmi les thérapies remboursables par leur système sanitaire.
Les statistiques obtenues à partir de 530 questionnaires envoyés par 30 centres qui appliquent la méthode Tomatis en Europe montrent que 89,94 % des parents ayant fait suivre à leurs enfants un parcours d'audio-psycho-phonologie l'ont jugé bénéfique.
Les progrès observés portent sur la concentration, la mémoire, la lecture, l'orthographe, l'écriture et la motivation.
L'intégration corporelle s'améliore et l'énergie personnelle est mieux canalisée. L'enfant se réalise lui-même et déploie ses potentialités, en devenant plus sûr et plus autonome.
Pour approfondir :
- Tomatis A.A., Detection of dyslexia among pre-school children. National Congress of the South African Society for Education, January 1976.
- Tomatis A.A., Education et dyslexie, Editions ESF, Paris, 1971 (édition italienne : Educazione e Dislessia, Edizioni Omega, Torino, 1977).
- Madaule P., Le monde de la dyslexie, intervention au colloque Listening and Learning, Toronto, 1978.
- Tomatis A.A., The Ear and Learning Difficulties, Quebec Association for Children with Learning Problems, March 1979.
- Du Plessis W.F. & Van Jaarsveld P.E., Audio-psycho-phonology: A comparative outcome study on anxious primary school pupils, South African Journal of Psychology, 1988, 18:4, 144-151.
- Campo C., Introduzione al Metodo Tomatis, Università degli Studi di Ferrara, 2002.
- Tomatis A.A., Le difficoltà scolastiche, Edizioni Ibis, Como-Pavia, 2011.
- Campo C., « Difficoltà scolastiche e disturbi uditivi », Riza – Figli Felici, avril 2013.
Texte original par Concetto Campo, publié sur tomatis.it. Traduction française.