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L'effet Tomatis : la découverte qui a tout changé

Comment Alfred Tomatis a découvert que la voix ne contient que les harmoniques que l'oreille peut entendre.

Comment Tomatis a découvert le lien oreille-voix

une nouvelle discipline ! Plusieurs éléments ont contribué à la naissance de l’Audio-psycho-phonologie. Diplômé de la Faculté de médecine de Paris, spécialisé en oto-rhino-laryngologie, Alfred Tomatis mena, dès 1947, des recherches sur la surdité professionnelle. Il dirigeait alors le Laboratoire d’acoustique des arsenaux de l’aéronautique. Il devait

examiner l’audition détériorée des personnes qui avaient eu à travailler sur les bancs d’essais des réacteurs supersoniques pour savoir s’il fallait les indemniser. Il remarqua alors que, bien souvent, les pertes auditives étaient accompagnées d’une déformation assez nette de la voix. En parallèle, Alfred Tomatis recevait de nombreux chanteurs lyriques envoyés par son père, Humbert Tomatis, un grand chanteur. Celui-ci pensait que son fils serait, de par son affiliation, naturellement à même de résoudre des problèmes de voix. Cependant, n’ayant alors pas de formation spécifique pour traiter ceux-ci, Alfred Tomatis commença par prescrire des doses de sulfate de strychnine, traitement recommandé par Froeschels, le plus éminent phoniatre viennois de l’époque. Ce produit avait pour effet de tendre les cordes vocales comme un violon qu’on accorde. Malheureusement, les premiers essais ne s’accompagnèrent d’aucune amélioration vocale. Alfred Tomatis augmenta donc les doses jusqu’à ce que l’un de ses patients revienne affolé après avoir « cravaté » sur scène, c’est-à-dire s’être à moitié étranglé. Ne sachant plus quoi faire, il eut l’idée de faire passer un audiogramme à ce malheureux chanteur. Cet acte ne resta pas sans conséquences : il observa une lésion de l’oreille similaire à celles observées chez les ouvriers des arsenaux. Il émit alors l’hypothèse fondatrice que la perturbation de la voix n’était pas due à un défaut des cordes vocales mais à une détérioration de l’oreille. Ce chanteur souffrait de surdité professionnelle ! Ceci était tout à fait plausible, sachant qu’un grand ténor monte généralement à 110, 120 et même 130 dB. Ce qui donne à peu près 150 dB dans la boîte crânienne. Un réacteur au sol fait 130 dB, même si l’énergie n’est pas la même ! Fort de cette observation qui allait contre toutes les théories en cours, Alfred Tomatis commença à approfondir

ses recherches afin de mettre en évidence le parallélisme constant entre l’examen audiométrique d’un sujet et la courbe d’enveloppe de l’analyse des fréquences de sa voix. Le lien entre l’oreille et la voix était établi et s’ouvrait tout un champ d’investigation sur les réactions et contre-réactions audiovocales. Un montage lui permettant de modifier à loisir l’audition d’un sujet grâce à des filtres fréquentiels l’aida à visualiser ces modifications simultanément dans les fréquences de la voix.

Phonogramme obtenu après l’émission d’une phrase autocontrôlée par une oreille, dont la courbe de réponse tonale est celle de l’audiogramme ci-dessus.

Phonogramme répondant à la même phrase, émise par le même sujet, lorsqu’un filtre impose à l’autocontrôle auditif une autre courbe de réponse.

Convaincu qu’une distorsion auditive se répercutait instantanément sur l’émission vocale, Alfred Tomatis eut l’idée d’essayer de corriger une voix défectueuse en imposant à l’oreille une courbe de réponse auditive idéale (celle d’un grand professionnel de la voix). Dès les premières séances, il constata une amélioration temporaire de la voix, qui finit par devenir permanente après suffisamment d’entraînement (effet de rémanence). Pour réaliser cette stimulation de l’oreille, le Dr Tomatis mit au point un appareil électronique appelé par la suite oreille électronique ou appareil à « effet Tomatis ».

Les Lois Tomatis

En 1957, ces découvertes firent l’objet d’une publication à l’Académie de médecine de Paris et à l’Académie des sciences sous la dénomination « effet Tomatis », défini par les lois suivantes : 1 • La voix ne contient que ce que l’oreille entend. 2 • Si l’on restitue à l’oreille lésée la possibilité d’entendre correctement les fréquences perdues ou compromises, celles-ci sont instantanément et inconsciemment restituées dans l’émission vocale. 3 • Il est possible de modifier la voix de façon permanente par une stimulation auditive entretenue pendant un temps suffisant. Ces résultats, obtenus par l’appareil à « effet Tomatis », ouvraient au Dr Alfred Tomatis tout un champ d’instigation pédagogique et thérapeutique.

« Tendre l’oreille, c’est tendre la bonne », c’est-à-dire la droite ! Alfred Tomatis va aussi découvrir une autre condition essentielle à la production d’une belle voix, qu’elle soit parlée ou chantée, celle de la latéralité auditive. Une série d’expérimentations lui permit d’observer que si l’on bloque artificiellement l’oreille droite d’un