Entendre versus écouter : quelle différence?
Entendre est passif, écouter est actif. Comprendre cette différence est la clé de la méthode Tomatis.
Entendre versus écouter
« Entendre versus écouter » « Exceptionnelle fonction, elle (l’écoute) est innée en l’homme mais elle paraît si profondément enfouie, étouffée, occultée qu’elle demeure ignorée de la plupart des générations qui se succèdent. Il est intéressant de noter que peu nombreux sont ceux qui parviennent à l’acquérir alors même que tous sont appelés à en bénéficier. » Alfred Tomatis La nuit utérine (cf. bibliographie) Entre entendre et écouter, il y a un monde… Entendre est une attitude passive vis-à-vis du monde sonore qui nous environne. Nous recevons les sons sans les interpréter. Cela ne demande aucun effort. Écouter est une opération de tout autre nature. Elle suppose la participation active du sujet qui peut soit choisir de recevoir un message, soit décider de le bloquer. Par exemple, écouter une conversation dans un lieu bruyant demande à l’oreille de sélectionner la voix de notre interlocuteur tout en bloquant les bruits ambiants. Il faut donc « tendre l’oreille ». Cette expression traduit une réalité physiologique qui sous-entend une motivation et, plus profondément, une dimension émotionnelle. Nous écoutons ce que nous voulons bien écouter ! C’est à ce niveau que les difficultés se mettent généralement en place.
En effet, après avoir emprunté le circuit auditif, les informations sont réceptionnées par le thalamus, aussi appelé cerveau émotionnel. Il sert de grande gare de triage pour toutes les informations sensorielles qu’il envoie ensuite aux zones corticales pour en effectuer l’analyse. Ce lieu de passage est un relais dans lequel défile toute notre vie affective. Cependant, à force d’assumer des situations difficiles, vient un moment où, à l’occasion d’un événement, d’une phrase mal interprétée ou mal vécue, toute la perception de 1’environnement se fige. Soudain, l’information ne passe plus. Le thalamus devient un filtre rempli d’angoisses qui déforme nos perceptions. Pour le Dr Tomatis, le thalamus, avec ses blocages, « peut être un frein capable de polluer tout le système nerveux si on n’apprend pas à relativiser les décharges qu’il provoque ». Ceci est d’autant plus important qu’il est en première ligne dans la réception et la compréhension du langage. « Recevoir une information, d’où qu’elle vienne, être à l’écoute de son environnement demande donc une ouverture totale de la sensorialité et notamment une certaine posture du corps contrôlée par l’oreille. » La volonté d’écouter, qui joue certes un rôle capital, ne peut pas contrôler ces résonances affectives qui nous empêchent d’être vraiment à l’écoute des autres. Ainsi, nous ressentons parfois de façon vive et douloureuse ces blocages lorsque nous nous surprenons à réagir trop fortement dans nos échanges avec les autres. Là se jouent toutes les difficultés de communication, parsemées d’interprétations erronées, colorées par le filtre de nos blessures pas encore guéries. L’écoute est donc un acte plus complexe qu’il n’y paraît, nécessitant une ouverture à l’autre et faisant intervenir le désir de communiquer. Elle constitue une véritable ouverture de l’homme à l’Univers.
Entendre versus écouter Entendre n’est pas Écouter = = Sensation passive Perception active Pas d’analyse Désir, motivation Conscience Communication