Les grandes fonctions de l'oreille : bien plus qu'entendre
L'oreille a trois fonctions majeures : la charge énergétique, l'équilibration et l'écoute.
Les grandes fonctions de l'oreille
Les grandes fonctions de l’oreille Un reproche qui a été souvent fait au Dr Tomatis est celui d’avoir voulu tout soigner par l’oreille. Cela est évidemment faux ! Cette méfiance de certains est certainement liée au fait que personne n’avait pu autant imaginer l’importance de cet organe. En effet, si nous ne l’envisageons que comme un capteur de sons à l’instar d’un microphone, il n’est pas possible de comprendre pourquoi un travail sur l’oreille telle l’approche Tomatis peut ouvrir à tant de domaines d’application. Essayons donc d’élargir notre conception de l’oreille !
Mouvements, verticalité et image corporelle La grande fonction de l’oreille est d’assurer l’équilibre grâce à son appareil vestibulaire. Elle est sensible à tous les mouvements qu’elle enregistre au niveau de deux petits appareils appelés utricule et saccule, le premier étant surmonté de ses trois canaux semi-circulaires. Le mécanisme est simple : les appareils vestibulaires sont remplis de liquide et les déplacements relatifs de ces derniers par rapport aux mouvements exécutés ou subis par le corps créent une réponse qui enregistre les mouvements. De même, toute mobilisation des liquides entraîne
une mobilisation du corps, c’est le cas de la musique et plus spécialement de la musique dansante qui, en faisant « danser » les liquides de l’oreille, fait danser le corps. En contrôlant l’équilibre, la coordination et tous les mouvements, l’oreille nous permet d’intégrer notre « image corporelle » et détermine nos attitudes posturales. Ce rôle est très important car le maintien d’une bonne posture est essentiel pour accéder à l’information de notre environnement et à la communication. C’est la verticalité qui nous permet d’atteindre la plénitude de l’écoute, car tendre l’oreille, c’est aussi tendre le corps à cette écoute afin d’offrir à cette information toutes les zones sensibles de notre revêtement cutané, également récepteur des sons, puis en faire une analyse optimale. L’ensemble neurologique très complexe qui englobe le vestibule, le cervelet, le cortex et le corps, tient tous les muscles du corps sous sa coupe et coordonne sa motricité : c’est un élément essentiel dans la prise de conscience du corps. Il est d’ailleurs aisé de provoquer expérimentalement des changements posturaux en modifiant l’écoute. Lorsqu’on impose une audition riche en aigus et en harmoniques, au moment où s’anime la phonation du sujet, la colonne vertébrale se redresse, la cage thoracique s’ouvre, on voit le sujet rechercher inconsciemment une meilleure rectitude, son visage se détend et sa voix s’allume. À l’inverse, une écoute trop riche en fréquences graves entraîne une modification de la posture opposée à celle obtenue avec des sons aigus. Nous voyons ainsi combien les sons nous influencent et combien nous sommes « sculptés » par ces derniers. Le langage est entre autres capital car le son que nous produisons nous-mêmes « imprime » aussi en permanence une quantité de petites touches (des pressions acoustiques) sur tout notre système nerveux. En fonction des mots et des
intonations utilisés, nous allons toucher différentes parties du corps, c’est pourquoi modifier notre écoute revient non seulement à modifier notre langage, notre voix, mais aussi à intégrer plus profondément notre corps.
Une dynamo pour le cerveau ! Le cerveau est un prodigieux collecteur d’informations venant de tous les bords, qu’il centralise et analyse en permanence. Cette activité consomme une très grande quantité d’énergie qu’il ne peut pas lui-même générer. Les deux sources bien connues sont : l’oxygène et la nourriture. Les effets d’un manque d’oxygène, ne fût-ce que pendant quelques minutes, peuvent avoir les conséquences dramatiques que l’on connaît, surtout chez les nouveau-nés. Une malnutrition sévère peut aussi avoir des conséquences graves pour le cerveau et on a tous eu l’occasion de remarquer à quel point une alimentation pauvre entraîne rapidement des difficultés à exercer ses fonctions mentales. Si ces deux sources d’énergie sont vitales et maintiennent la vie végétative, elles ne sont pas suffisantes pour permettre au cerveau de fonctionner pleinement en termes de créativité, de mémorisation, de traitement des informations, etc. Pour cela, le cerveau a besoin d’être en permanence « bombardé » de stimulations sensorielles. C’est bien par nos sens que nous prenons conscience de notre corps et de ce qui nous environne. Chaque sens représente une myriade de capteurs répartis sous forme de différents réseaux : le toucher, le goût, l’odorat, la vue, l’ouïe et la proprioception (perception interne). Tous ces récepteurs sont des dispositifs capables de convertir un signal représentant une certaine énergie (physique ou
chimique), qualitativement et quantitativement, en un message nerveux. On parle de transduction : le stimulus (physique ou chimique) déclenche et contrôle un mécanisme générateur d’influx nerveux. Ce dernier constitue par là même une charge énergétique considérable qui « recharge » le cerveau et tout le corps. Dans plusieurs de ses ouvrages, Alfred Tomatis rapporte les travaux de l’équipe canadienne de Stanley Jones portant sur le recensement des stimulations nécessaires au système nerveux et sur les effets de la déprivation sensorielle. Cette équipe a pu estimer la quantité de stimuli indispensables au cerveau à trois milliards par seconde durant au moins quatre heures et demie par jour. Or, il se trouve que l’oreille fournit à elle seule près de 90 % de cette énergie corticale. Ceci fait dire au Dr Tomatis que la première fonction de l’oreille est celle de la recharge corticale. Il ajoute : « La conclusion la plus frappante a consisté en la découverte de l’existence d’une “énergie” se manifestant par un surplus d’activité et de créativité allant de pair avec une modification du comportement. L’individu