Les appareils SUVAG : l'outil de la méthode Verbo-tonale
Le système SUVAG est l'appareil central de la méthode Verbo-tonale pour la rééducation de l'audition.
Les appareils SUVAG
le a pu être connue très tôt en France et plus largement dans le monde. La formation permanente nationale et internationale et les stages sur la Méthode Verbotonale nationaux et internationaux ont été organisés très tôt en France: je remercie à cette occasion le Centre Européen de Ronchin, la Faculté deMédecine de Lille, l'AssociationAPAJH et le groupe des formateurs de Toulouse. La France a été aussi le pays où les appareils électroniques de la Méthode Verbotonale furent construits, appareils denommés SUVAG. C'est la Société française S.E.D.I. de Marseille qui, la première, a diffusé dès 1961 le SUVAG dans le monde.
Jusqu'ici elle garde la primauté en qualité sur tous les autres constructeurs en dehors de la France. La S.E.D.I. a fourni en SUVAG 480 des 600 centres existant dans le monde. En France, 108 centres et écoles pour les déficients de l'audition sont équipés des SUVAG construits par la Société française S.E.D.I. C'est donc en France, c'est avec des savants français, les grands poètes noirs d'expression française, les grandes Ecoles françaises, avec les militants de la Résistance française, avec la langue française, ma grande passion, qu'une grande partie de ma vie s'est déroulée.
Voilà pourquoi j'ai été très honoré que le Général de Gaulle m'ait décerné la décoration de chevalier de la Légion d'Honneur en 1969. Aujourd'hui, 29 Novembre 1989, je reçois l'insigne d'Officier de la Légion d'Honneur. C'est une journée exceptionnelle dans ma vie parce qu'elle coïncide avec le jour de la Fête Nationale Yougoslave du 29 Novembre. Mais elle coïncide aussi avec un mouvement paneuropéen. J'ai beaucoup apprécié les mots du Président Mitterrand qui ces jours-ci, alors que des peuples de l'Europe orientale s'ouvrent à la liberté, a vu dans ce mouvement la voie vers la paix, les droits de l'homme et le changement.
Dans une perspective nouvelle de voir le monde et plus particulièrement l'Europe aller vers l'accomplissement large des idées de justice, nous souhaitons que les droits de l'homme et de l'enfant embrassent les droits de l'homme handicapé, dans le sens le plus large du mot. Nous avons essayé, tout au long de nos cinquante années de travail, de lutter à notre manière pour l'égalité de leurs droits.
Il s'agit d'un vaste domaine qui s'appelle : le droit à la parole humaine. Pour permettre à tout individu d'avoir accès à ce droit de la parole, j'ai élaboré les principes théoriques appelés la Méthode Verbotonale qui est appliquée essentiellement dans deux domaines: l'apprentissage des langues étrangères et la rééducation des troubles de l'audition et de la parole. Je dis bien la parole humaine et non pas le langage, car il s'agit d'approcher l'être vivant dans sa situation réelle où la parole est le résultat de son entité. Le corps entier, pas seulement les organes de la parole, et l'oreille participent à la production et à la perception de la parole.
L'essentiel de cette théorie est de considérer le langage comme l'ensemble de tous nos moyens de communication, tant intellectuels qu'émotionnels, voire non seulement les mots, mais aussi l'intonation, le rythme, l'intensité, la pause, les gestes, la mimique, la situation. C'est de là qu'est née ce que j'ai appelé la linguistique de la parole. Comment approcher l'individu dans une situation d'apprentissage ou de rééducation ? L'idée fondamentale dans ma théorie est l'idée de l'optimale.
Dans le sens le plus large de ce mot, il s'agit d'accepter l'être qui se trouve devant nous tel qu'il est, sans vouloir lui inculquer les stimuli de l'extérieur qu'il n'accepte pas, mais de chercher, parmi ses capacités résiduelles ou potentielles, même si elles sont extrêmement limitées, à construire une voie qui nous amène vers le but désiré. Car, l'homme possède des capacités potentielles inépuisables qui ne sont pas limitées aux êtres humains dits « bien portants » ou - ce qui est très faux-« aux personnes normales »,mais les potentialités créatrices embrassent tout être vivant, appelé « homme ».
Cela revient à dire que la personne considérée comme une handicapée ne présente pas de rupture avec ceux qui ne sont pas considérés comme tels. La faiblesse primordiale ne réside pas chez celui qui, à un moment donné, est diagnostiqué comme handicapé, mais chez ceux qui ne sont pas bien armés pour pouvoir entrevoir les passages progressifs du handicap vers le non-handicap. Une telle conception concerne et embrasse toutes sortes de handicaps. Trouver une bonne voie dans
n'importe quelle spécialité, permet d'obtenir des résultats tangibles, et certaines fois excellents dans les handicaps considérés comme sérieux, et même comme graves. Dans la rééducation des troubles de l'audition il faut donc chercher ces possibilités optimales, ces petits segments qu'il faut choisir et qui sont essentiels. Le rééducation doit donc partir de l'homme, de l'individu, qui bien qu'ayant un handicap peut nous fournir les conditions optimales de sa propre rééducation. Cette optimale, il faut la chercher non seulement dans le sens de l'audition mais dans son corps entier.
Dans le sens strict de l'audition, l'optimale se forme en transmettant la parole à l'aide de l'appareil SUVAG à travers les fréquences auxquelles le sujet est resté le plus sensible, même s'il s'agit de surdité profonde. Dans ce dernier cas, les stimuli de la parole sont transmis à travers la peau, ce qu'on appelle la transmission somatosensorielle ou corporelle, car la peau est la plus sensible aux fréquences graves. Petit à petit, et à travers les différentes combinaisons fréquentielles, le champ d'écoute et de production s'élargit de plus en plus.
En suivant cette méthodologie, les enfants déficients de l'audition, y compris les sourds profonds, n'ayant pas de troubles associés, peuvent s'intégrer avec les enfants entendants dans les écoles ordinaires en communiquant par la parole. Voici les résultats de quelques centres et pays qui datent de 1981 et de 1988 où les enfants étaient intégrés dans les écoles ordinaires :