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L'audiométrie Verbotonale : au-delà de l'audition

L'audiométrie Verbotonale ne mesure pas seulement l'audition, elle évalue la perception globale des sons.

L'audiométrie Verbotonale

on peut orienter la rééducation. Cette audiométrie est très importante p_our compléter le diagnostic.

Etant donné que, aussi bien l'audiométrie au seuil que l'audiométrie vocale sont basées sur les tonalités des sons du langage, sur les tonalités des mots, du verbum (le « mot » en latin), cette audiométrie a pris le nom d'Audiométrie Verbotonale. Le mot verbotonal sera ensuite appliqué à tout le Système Verbotonal. A cette époque (1952-1953), j'étais avant tout préoccupé de comprendre pourquoi un adulte avec une audition normale ne pouvait pas perçevoir correctement les sons d'une langue étrangère. De plus je voulais comprendre pourquoi cet adulte commet des erreurs, des substitutions systématiques. Par exemple, un Serbe et un Croate perçoivent et prononcent le français /y/ (mur) comme /i/ (mir), donc la voyelle aiguë. De même ils perçoivent la voyelle le/ en entendant la voyelle française /œ/ (seul, j'ai peur). Donc ils percoivent la voyelle aiguë /i/ étant, avons-nous vu, la voyelle la plus aiguë, et le/ venant tout de suite au-dessous de /i/ (donc toujours voyelle aiguë). Les élèves de langue maternelle autre que le serbo-croate, par ex. le russe ou l'italien, entendent !y! comme fui et le /œ/ comme fol (voyelle grave), là où l'adulte de langue serbo-croate entend les voyelles aiguës /i/, /el. Pourtant ces adultes de langue maternelle différente ont une oreille tout à fait normale. Ce phénomène m'a incité à chercher les fréquences optimales d'un son ou d'un mot. Car si les adultes d'oreille normale font des erreurs, des substitutions systématiques, et que les « durs d'oreilles» également font des substitutions dépendant des fréquences, des tonalités qu'ils entendent mal, il fallait trouver des zones, ou une zone de fréquences où le son du langage serait optimalement perçu. J'ai commencé cette étude pour aider ceux qui apprenaient le français au Départemem de français à l'Université de Zagreb. Grâce à un filtre octave que possédait Radio Zagreb, j'ai pu observer que des zones de fréquences très limitées, une octave pouvaient nous rendre intelligible un son du langage, un mot, et même certaines phrases. J'ai confirmé par ce filtre octave les tonalités des sons du langage tirées des réponses des déficients de l'audition appartenant à deux catégories différentes de surdité : a) la surdité de transmission, b) la surdité de perception.

Je me suis mis à étudier par ce filtre octave l'intelligibilité des sons du langage et des mots, et je me suis aperçu qu'un son du langage ou un mot est mieux perçu et compris dans une octave déterminée. Par ex. le mot /mu/ est mieux perçu entre 200-400Hz; la syllabe et le mot /si/ entre 6400-12.SOOHz. Dans toutes les autres octaves, on percevait un autre son du langage. Par exemple, /si/ est perçu comme /tsi/ entre 1600-3200Hz. J'avais déjà entrevu, en partie, ce phénomène dans nos premières vérifications des tonalités des sons, tirées de la perception des « durs d'oreille». De plus j'avais noté que chaque voyelle, en fait, contenait toutes les voyelles et chaque consonne, en principe, contenait toutes les consonnes. Je savais alors la raison des erreurs, ou mieux des substitutions des adultes apprenant une langue étrangère et celle des substitutions que faisaient les durs d'oreille et les dyslaliques. Un son, un groupe de sons - un mot - contient donc en lui-même tous les sons si on le transmet par le canal direct. Notre cerveau doit en faire la sélection et perçevoir seulement un son ; on pourrait l'appeler ici un phonème. Ce n'est donc pas l'oreille normale qui nous garantit une perception correcte, il faut que le cerveau élimine une partie des fréquences contenue dans la production d'un son. Pour le dur d'oreille dont l'oreille démontre des insuffisances pour recevoir et transmettre certaines fréquences des mots, la solution du problème, comme on le verra plus loin, est en principe la même. La première application de la théorie verbotonale a donc visé à l'amélioration de la perception des sons des langues étrangères, plus particulièrement des sons du français. Comme nous devions dans ce but connaître les tonalités des sons du langage liées à des intonations et rythmes différents, les résultats de cette recherche m'ont donné l'idée de créer une audiométrie qui pourrait examiner l'oreille par les tonalités générées au moyen des sons complexes du langage. Dès le début donc de cette recherche, les deux domaines étaient mélangés et allaient se nourrir mutuellement et réciproquement. Mais la source d'initiative de ces recherches, qui ont commencé dès 1934, restait l'importance de l'intonation, des tonalités dans le langage. Donc une

source, une stimulation linguistique, mais surtout une approche nouvelle : la langue en tant que parole en communication. Quoi de plus naturel que d'avoir compris l'importance capitale de la situation dans notre communication par la parole. Cette situation d'où, en fait, sortiront les rythmes, les gestes, la mimique, et où l'affectivité est toujours sous-entendue.J'ai compris qu'en fait c'était la voie par où passaient les enfants, les bébés pour arriver à la parole.