Posture et écoute : le lien corps-oreille
Une bonne posture d'écoute est essentielle pour bien communiquer. Comment le corps et l'oreille interagissent.
Posture et écoute : le lien corps-oreille
« danser » les liquides de l’oreille, fait danser le corps. En contrôlant l’équilibre, la coordination et tous les mouvements, l’oreille nous permet d’intégrer notre « image corporelle » et détermine nos attitudes posturales. Ce rôle est très important car le maintien d’une bonne posture est essentiel pour accéder à l’information de notre environnement et à la communication. C’est la verticalité qui nous permet d’atteindre la plénitude de l’écoute, car tendre l’oreille, c’est aussi tendre le corps à cette écoute afin d’offrir à cette information toutes les zones sensibles de notre revêtement cutané, également récepteur des sons, puis en faire une analyse optimale. L’ensemble neurologique très complexe qui englobe le vestibule, le cervelet, le cortex et le corps, tient tous les muscles du corps sous sa coupe et coordonne sa motricité : c’est un élément essentiel dans la prise de conscience du corps. Il est d’ailleurs aisé de provoquer expérimentalement des changements posturaux en modifiant l’écoute. Lorsqu’on impose une audition riche en aigus et en harmoniques, au moment où s’anime la phonation du sujet, la colonne vertébrale se redresse, la cage thoracique s’ouvre, on voit le sujet rechercher inconsciemment une meilleure rectitude, son visage se détend et sa voix s’allume. À l’inverse, une écoute trop riche en fréquences graves entraîne une modification de la posture opposée à celle obtenue avec des sons aigus. Nous voyons ainsi combien les sons nous influencent et combien nous sommes « sculptés » par ces derniers. Le langage est entre autres capital car le son que nous produisons nous-mêmes « imprime » aussi en permanence une quantité de petites touches (des pressions acoustiques) sur tout notre système nerveux. En fonction des mots et des
intonations utilisés, nous allons toucher différentes parties du corps, c’est pourquoi modifier notre écoute revient non seulement à modifier notre langage, notre voix, mais aussi à intégrer plus profondément notre corps.
Une dynamo pour le cerveau ! Le cerveau est un prodigieux collecteur d’informations venant de tous les bords, qu’il centralise et analyse en permanence. Cette activité consomme une très grande quantité d’énergie qu’il ne peut pas lui-même générer. Les deux sources bien connues sont : l’oxygène et la nourriture. Les effets d’un manque d’oxygène, ne fût-ce que pendant quelques minutes, peuvent avoir les conséquences dramatiques que l’on connaît, surtout chez les nouveau-nés. Une malnutrition sévère peut aussi avoir des conséquences graves pour le cerveau et on a tous eu l’occasion de remarquer à quel point une alimentation pauvre entraîne rapidement des difficultés à exercer ses fonctions mentales. Si ces deux sources d’énergie sont vitales et maintiennent la vie végétative, elles ne sont pas suffisantes pour permettre au cerveau de fonctionner pleinement en termes de créativité, de mémorisation, de traitement des informations, etc. Pour cela, le cerveau a besoin d’être en permanence « bombardé » de stimulations sensorielles. C’est bien par nos sens que nous prenons conscience de notre corps et de ce qui nous environne. Chaque sens représente une myriade de capteurs répartis sous forme de différents réseaux : le toucher, le goût, l’odorat, la vue, l’ouïe et la proprioception (perception interne). Tous ces récepteurs sont des dispositifs capables de convertir un signal représentant une certaine énergie (physique ou
chimique), qualitativement et quantitativement, en un message nerveux. On parle de transduction : le stimulus (physique ou chimique) déclenche et contrôle un mécanisme générateur d’influx nerveux. Ce dernier constitue